La Gazette de la grande ile

Autosuffisance alimentaire : Les Malgaches dépendent des importations

Publié le 18 mai 2022

L’autosuffisance alimentaire exprimée par le régime politique actuel devrait être plus qu’une démarche ; elle devrait être traduite en un objectif de production quantitative et qualitative précis pour NOURRIR tous les Malagasy.

Chaque année, Madagascar dépense beaucoup trop en importations de produits alimentaires. Au cours de ces dernières années, la facture de notre importation alimentaire s’est élevée à plus de 600 millions de dollars américains par an et, si on ne la contrôle pas, elle pourrait bondir au cours des prochaines années. Madagascar n’arrive pas à produire assez de vivres pour satisfaire les besoins des Malagasy et est pratiquement dépendante des importations.

C’est un vrai paradoxe quand on sait que l’agriculture concentre plus de 80% de la population active et que Madagascar recèle 8 millions hectares de terres arables et des sources d’eau douce.

La transformation économique de Madagascar ne peut se produire qu’avec une agriculture axée sur les nouvelles technologies, résiliente aux changements climatiques, créatrice d’emplois et de richesses et qui promeut la santé.

Madagascar est-elle prête à transformer radicalement son agriculture avec la jeunesse malagasy afin de parvenir à produire quantitativement et qualitativement les besoins alimentaires de la majorité des Malagasy, à assurer la sécurité́ alimentaire et à mettre fin à la malnutrition qui assombrit l’avenir de nos enfants ? Pourrait-on améliorer la gestion et la production de nos greniers rizicoles et créer de nouveaux pôles agricoles animés par de jeunes entrepreneurs malagasy ? La mise en place de véritables chaînes de valeur qui favorisent la diffusion des technologies ne serait-elle pas faisable ? Ne devrait-on pas déployer plus de ressources financières au profit de l’agriculture ? La transformation des chaînes de valeur de notre agriculture exige de changer de perception.

En effet, l’agriculture de subsistance est depuis trop longtemps associée à la pénibilité́, à la pauvreté́ et à la souffrance. Cela doit changer avec l’énorme potentiel créatif de la jeunesse malagasy.

Plus que jamais, le destin des Malagasy devrait être de produire plus et bien pour se nourrir, et non de s’appauvrir encore plus en important nos besoins alimentaires avec nos précieuses devises étrangères ou en vendant nos terres potentiellement agricoles à des multinationales.

Les rachats de terres agricoles par des multinationales, en croissance permanente dans les pays pauvres, posent de nombreux problèmes : pollution, expropriation des populations locales, diminution des autonomies alimentaires nationales, etc. Les investisseurs ont entamé́ ces opérations de rachat avec des objectifs aussi variés comme assurer la souveraineté́ alimentaire de leur propre pays ou se lancer dans de nouvelles exploitations agricoles à forte croissance – comme les agrocarburants –

Aussi, la vente de terres potentiellement agricoles devrait être évitée, car elle risquerait de pérenniser un mouvement de fond international aux conséquences négatives pour l’agriculture malagasy et l’autosuffisance alimentaire des futures générations malagasy.

Zaza R.

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