La Gazette de la grande ile

Lutte contre la malnutrition sévère chez les enfants : Manque cruel de budget

Publié le 19 mai 2022

« Le monde est en passe d’assister à une explosion catastrophique des taux de malnutrition sévère chez les enfants », alerte le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) dans un communiqué publié lundi 16 mai. Madagascar n’échappera pas à cette crise qui s’annonce des plus critiques. Le même jour, Unicef Madagascar a en effet publié un énorme gap dans le budget de lutte contre ce fléau. « Le plan national de prévention et traitement de la malnutrition aigüe à Madagascar estime les besoins pour prévenir la malnutrition et la traiter à 489 millions de dollars (1 956 milliards d’ariary) sur les quatre prochaines années dont 44 millions de dollars pour le traitement de la malnutrition aigüe. Seulement 25% du budget nécessaire (489 milliards) est actuellement disponible », souligne le communiqué. Avec un tel gap dans son budget, la Grande Ile sera sérieusement handicapée dans sa pseudo lutte contre la malnutrition infantile. Les dons actuellement reçus ne serviront que de pourboire pour nos ministres.

Dans sa note d’information sur l’« émaciation sévère : une urgence passée sous le silence qui menace la survie des enfants », l’Unicef attire l’attention sur la hausse des prix des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (16%) et le manque cruel de financement. Ainsi, le Fonds recommande aux gouvernements d’augmenter l’aide en faveur de l’émaciation. D’après les statistiques, « A l’heure actuelle, au moins dix millions d’enfants sévèrement émaciés -soit les deux tiers- n’ont pas accès aux aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, lesquels constituent le traitement le plus efficace contre cette pathologie ». A Madagascar, ces sachets de traitement, distribués gratuitement aux enfants victimes de malnutrition sévère, sont en vente libre auprès de certains commerçants. Aussi, l’approvisionnement auprès des centres de santé de base a été suspendu depuis plusieurs mois, voire des années.

Annie N.

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