La Gazette de la grande ile

Education à Madagascar : On reste sur la forme !

Publié le 19 mai 2022

Avec la pré-campagne présidentielle lancée, les politiciens se battent dans l’espoir d’un avenir matériel meilleur au sein des institutions de l’Etat. Pourraient-ils batailler ou débattre au moins, pour une vision claire de l’avenir des plus de 10 millions d’enfants, l’avenir de notre nation ? Où laisserait-on aux experts des partenaires de développement le soin de dessiner leur avenir ? Et après quoi?….

Construire des écoles pour l’éducation c’est bien, mais une bonne éducation de ces millions d’enfants, c’est meilleur. En visitant quelques écoles primaires des 1500 communes rurales comme:

Ambatomena, Ampasimaneva, Ebelo, Beraketa, Manerinerina, Andranomiady, Anororo, Imerimandroso, Ankiliabo, Andaingo, Vohipeno, Bekily, Vavatenina, etc…. les défis auxquels elles doivent faire face pour donnerr une meilleure éducation aux enfants de leurs communes respectives, sont énormes.

Tous les élèves ont un problème avec le français, “principale langue d’enseignement”. Alors que le malagasy est leur langue maternelle et qu’ils utilisent à la maison ;

A l’école, les manuels scolaires de malagasy, de français, d’histoire, de mathématiques, d’éducation civique, sont rares et très vieux et encore s’ils existent. Le personnel enseignant a des antécédents pédagogiques faibles. Leurs compétences pédagogiques en malagasy, français, mathématiques, histoire et géographie sont très faibles. Des compétences nécessaires pour enseigner efficacement et en plus, avec les problèmes créés par la situation socio-économique du pays, l’absentéisme devient la norme.

Avec ces réalités, comment ces écoles manara-penitra pourraient-elles fonctionner normalement et produire de bons résultats en CEPE, BEPC et  BAC pour nos futures générations ? Les 10 millions de jeunes Malagasy de 5 à14 ans dans le monde rural et en âge d’être à l’école n’ont-ils pas droit à un personnel enseignant présent, compétent, dévoué et motivé comme dans les grandes villes ? La dernière enquête sur la qualité des services dans l’enseignement a mis en évidence l’insuffisance de compétence des enseignants. Seulement 0,1 % a obtenu un score supérieur à 80 % aux tests d’évaluation en français et en mathématiques. Quel type d’avenir se dessinera alors pour ces millions d’enfants vivant à la campagne, si ce niveau ne s’améliore pas et si tout se décide à Antananarivo ? Ne devrait-on pas octroyer une plus grande autonomie dans la gestion des écoles avec un objectif de responsabiliser véritablement les écoles primaires à l’aide d’une allocation de ressources humaines et financières adéquates ?……. Le chemin du progrès n’est-il pas à ce prix ?

Zaza R.

Lire aussi