La Gazette de la grande ile

Promesse sans base : Frein à la relance économique

Publié le 21 mai 2022

Les troubles sociaux sont en train d’augmenter ajoutant aux différents risques pour la relance de notre économie !

La température de l’arène politique commence à monter en vue de la présidentielle 2023. Les personnalités des partis politiques investissent le terrain pour prendre  un temps d’avance sur le soit disant «compétition » avec les mêmes pratiques politiques axées sur l’argent, les promesses sans base et aggravant ainsi  les inégalités économiques.  La construction d’un avenir meilleur pour les prochains mois, dont la majorité des Malagasy ont besoin pour survivre est complètement ignorée. La confiance les uns envers les autres et envers nos institutions est en train de se dissoudre. La multiplication de  la délinquance économique et financière (escroqueries, blanchiment d’argent « sale » rapportée par différents medias nationaux et internationaux montre l’inefficacité de l’Etat pour l’intérêt général et partant la perte de confiance de la majorité des Malagasy vis-à-vis du « Fanjakana ». La justice populaire est en train de revenir en force. Les revendications de payements des droits acquis augmentent.

La tendance à l’insécurité généralisée : alimentaire, sanitaire, économique est profondément préoccupante. L’insécurité contribue pratiquement et alimente au développement d’actes de violence et de délinquance urbaine et rurale. Les autorités publiques devraient reconnaître que cette insécurité frappe le plus durement les personnes pauvres et les plus vulnérables, souvent les femmes et les filles. Et parallèlement, la majorité des Malagasy subissent  toujours les revers sanitaires, économiques et sociaux d’une pandémie mondiale et de la crise  économique mondiale induite par la tendance inflationniste généralisée. Depuis l’apparition de la COVID-19, l’insécurité, les vols, la délinquance et la violence se sont intensifiés. Les indicateurs sur l’alimentation, la nutrition et la santé se sont détériorés. Des milliers d’enfants ont perdu plus d’un an d’éducation en raison des fermetures d’écoles, annulant le petit gain en capital humain qu’on a reçu ces dernières années

Jamais la majorité des Malagasy  n’a connu une telle fragilité, une telle situation de désespoir, subissant une perte de peu actif dont elle dispose, une perte d’emplois et de moyens de subsistance. Dans le même temps, l’inflation continue de s’accélérer, réduisant les revenus réels des ménages, en particulier des pauvres. L’inquiétude croissante suscitée par l’inflation et les inégalités s’est encore renforcée. Les flambées des prix alimentaires frappent tout le monde et sont destructive pour les plus pauvres et les plus vulnérables. La révision à la hausse probable du prix de l’essence, du gaz oil et  du pétrole au cours des prochains mois serait encore plus dévastatrice  pour la majorité. Pour chaque augmentation d’un point de pourcentage des prix alimentaires, des millions de Malagasy devraient tomber dans l’extrême pauvreté. Les quelques minorités riches peuvent se permettre des produits de base soudainement chers, mais les pauvres ne le peuvent pas. La malnutrition devrait augmenter et ses effets seront les plus difficiles à inverser chez les enfants. La majorité des Malagasy pourrait-elle encore espérer un minimum de respect ?

Ne devrait-on convenir de priorités communes pour résoudre les problèmes urgents de survie que la majorité fait face ? Tous les acteurs pour le développement de Madagascar ne devraient-t-ils pas se concentrer sur  les menaces d’un  soulèvement social dont la probabilité s’accroisse de jour en jour?  La collaboration et la coopération entre toutes les partenaires traditionnels et les nouvelles  institutions des pays émergentes comme la Chine  ne devraient-elles pas  être encouragées pour  le bénéfice de la majorité des Malagasy à court terme? Ou bien le régime a-elle une forte confiance des forces armées pour gérer démocratiquement des éventuelles protestations populaires ou aurait-il une capacité extraordinaire à survivre aux crises sociales et économiques que le pays est  en train de traverser actuellement ?………. l’avenir nous le dira.

Zaza R.

Lire aussi