La Gazette de la grande ile

Concertation nationale sur l’agriculture

Publié le 23 mai 2022

Avantage des multinationales

Du 16 au 18 juin 2022, une concertation nationale sur l’agriculture pour le développement durable des multinationales ou pour l’autosuffisance alimentaire durable des Malagasy ?

La concertation suffirait-elle pour assurer la sécurité alimentaire de la majorité ? Ou s’agirait-il  simplement d’identification d’idées ou de politique pour la production de produits alimentaires par des multinationales pour nourrir les Malagasy? Les paysans Malagasy ne devraient-ils pas être considéré comme les principaux protagonistes de la lutte contre la pauvreté pour un réel changement vers un avenir meilleur tel qu’ils souhaitent? La concertation ne devrait-elle pas être organisée dans une région agricole comme lac Alaotra, Marovoay, Bealanana , Bas Mangoky, Manombo ou Taheza? Les paysans malagasy des différentes régions de l’île auraient-ils des représentants lors de cette concertation?……… Les participants sauront-t-ils défendre les droits des paysans ?  Les conclusions de la concertation présentées avant notre fête nationale nous le diront.

Plus de 20 millions des Malagasy vivent en zone rurale et dépendent de l’agriculture pour leur survie ; et c’est 80% de la population de Madagascar. Certes, le secteur agricole, qui absorbait la croissance démographique importante de ces dernieres decennies,  du fait de la faible productivité du travail et des marges d’extensification, paraît à bout de souffle. Au fil des transmissions de patrimoine entre générations dans le monde rural Malagasy, la taille moyenne des exploitations a diminué. Elle est passée de 1,2 hectare en 1985 à moins de 0,70 hectare actuellement, soit une réduction de plus de 40 % en 30 ans selon les statistiques. Cette réalité, liée aux faibles performances de l’agriculture, a fait perduré la pauvreté. Les futures générations Malagasy seraient-elles condamnées à être dans  la trappe de pauvreté ? En effet, la relation entre pauvreté et productivité de l’agriculture joue dans les deux sens : la contrainte de faible revenu de la majorité entraîne une faible utilisation d’intrants ; la sous-alimentation et une mauvaise santé de la majorité dégradent la qualité du travail ; une production agricole étroite conduit à de faibles revenus… Tous les Malagasy espèrent que les actions concrètes proposées ssues d’une telle concertation contribueraient vraiment à éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition  de la majorité des Malagasy et promouvoir une agriculture durable pour la génération future.

L’agriculture malgache est encore largement caractérisée par la prédominance de modes de production basés sur des techniques culturales traditionnelles, peu performantes mais éprouvées. Ainsi, une amélioration du bien être de la majorité des Malagasy ne devrait-elle pas impliquer de trouver des mécanismes de croissance auto-entretenue de l’agriculture qui bénéficient à la majorité des Malagasy ? Ne devrait-on pas répondre prioritairement et seulement à la principale question concrète suivante: DE COMBIEN DEVRAIT-ON PROGRESSER EN TERME DE PRODUCTIVITÉ POUR QUE LA PRODUCTION DE NOS AGRICULTEURS ASSURE LA SECURITE ALIMENTAIRE DES MALAGASY? et COMMENT L’ATTEINDRE ? Les futures actions de l’Etat  ne devrait-elles pas prioriser et se focaliser sur la création d’un environnement favorisant l’esprit d’entrepreneur rural au niveau de chaque collectivité rurale. Cet environnement transformera définitivement notre économie en réduisant de manière durable l’insécurité alimentaire, en accroissant la prospérité et  en renforçant la résilience de la majorité des Malagasy. Ne serait-pas cela la vraie politique pour la lutte contre la pauvreté?

Zaza R.

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