La Gazette de la grande ile

Relations coupables d’ONE, QMM et les grandes mines

Publié le 24 mai 2022

Faut-il  vraiment que Green Peace  s’en mêle pour que l’opinion internationale réalise que  c’est toute la population du  District de  Taolagnaro qui est en danger ? La presse locale ne voit que le  côté sensationnel des échos de ce qui s’est passé dans ce  bled perdu au fin fond de la Grande Ile. Manifestations contestataires sur la voie publique, enguelades des foules avec des autorités locales (à la botte des dirigeants  de cette puissante grande mine (pas du tout avares en bakchichs, selon les confidences  de  ceux  qui en ont déjà bénéficié). Les médias internationaux se cantonnent dans un  euphémisme prudent pour ne pas  verser  de l’huile sur le  feu  de la colère des habitants. Ils  révèlent qu’à «Madagascar, c’est le bras de fer entre les agriculteurs et la société d’extraction d’ilménite QMM. Depuis 2005, cette entreprise détenue à 80% par le groupe canadien Rio Tinto (…) Près de 2 500 agriculteurs et pêcheurs disent n’avoir pas reçu les compensations que la société leur doit (…).Ces derniers accusent l’entreprise d’avoir pollué l’estuaire du fleuve à la mi-février et réclament des dédommagements pour l’eau rendue impropre à la consommation et pour les pêcheurs privés de revenus parce qu’ils ne peuvent plus exercer leur métier.(…) La tension sociale est en effet montée d’un cran jeudi dans la soirée avec la prise en otages par les manifestants de 27 militaires non armés indique une source proche de QMM. Ils ont été libérés vendredi vers 15h, suite à l’arrivée de la délégation gouvernementale sur place pour les négociations. » Les  riverains du  site  d’exploitation  de QMM sont unanimes pour trouver que les  activités de QMM portent atteinte gravement à leur existence. Et les négligences quasi-volontaires des responsables  locaux de celle-ci (pour préserver les intérêts financiers internationaux de RIO TINTO à propos des obligations professionnelles sur le respect des mesures environnementales) relèvent de la non-assistance à des personnes en  danger.

Aucun  des ministres affairistes corrompus qui  se  sont succédé au  département de l’environnement ne peut prétendre s’être intéressé aux problèmes de toutes ces  grandes mines qui  se comportent pratiquement en pays  conquis. Selon une confidence d’un cadre de RIO TINTO, depuis que Marc Ravalomanana avait décliné l’offre avantageuse de plus de 10% pour le budget de l’Etat en préférant l’aumône actuelle versée symboliquement au Trésor contre versement de royalties conséquentes à des comptes discrets quelque part dans le monde, ce qui devait arriver arriva… Et dire qu’un tel criminel avéré ose se pavaner à travers toute l’île en se prenant pour le futur sauveur de Madagascar. Selon la même source médiatique, «QMM bénéficie d’une dérogation fiscale et douanière d’après la loi sur les grands investissements minier (LGIM) : l’entreprise doit renégocier sa convention fiscale à la fin de l’année.» Il faut reconnaître que les Malgaches ont la mémoire  courte et qu’il nous prend pour des cons manipulables à merci… Si le pays, sur le plan  des exploitations minières,  se trouve dans ce merdier qu’avait favorisé le  Code Minier de 2005, c’est la faute aux actes et prestations coupables de l’Office National de l’Environnement(ONE), tous des  fonctionnaires vendus et pourris. Qui peut nous prouver que  derrière la façade de l’extraction  d’ilménites, d’autres minerais plus précieux ne sont pas exportés en fraude en  l’absence de contrôles techniques appropriés ?

Souvenez-vous toujours que l’incendie des bâtiments de l’ONE à Antaninarenina, n’a rien d’un sinistre accidentel. Tous les  dossiers  et documents susceptibles de prouver les multiples  combines  et  complicités sur les délivrances des permis  environnementaux  sont partis en  fumée. Les suspicions de corruption dans ce sens sont aussi valables pour Ambatovy et tant d’autres investisseurs étrangers. Pour les intérêts supérieurs de ce pays, cet état des choses pernicieux n’aurait pas eu lieu si Fidiniavo Ravokatra, la malhonnêteté en personne, n’avait pas aggravé une situation économique et administrative déjà lamentable. Au poste de ministre des Mines et des Industries Stratégiques, il n’a fait qu’exploiter son autorité pour favoriser les trafiquants de lingots d’or, de pierres précieuses et les candidats au secteur pétrolier. Pas satisfait de tous les maux qu’il apportés au pays, selon un notable digne de foi contacté, il a été « à l’origine de ces incidents de  Taolagnaro avec la promesse fallacieuse d’apporter des denrées alimentaire pour  venir en aide aux manifestants sans tenir parole »…  Pour qui roule-t-il exactement ? Méditation : son acte mérite réflexion… Comment voulez-vous  qu’avec une mentalité pareille de la part  d’un ministre  en exercice, Madagascar puisse quitter les rangs honteux des pays les plus pauvres, alors qu’on possède toutes les  richesses minières capables de booster notre balance  commerciale. Il y a surtout cette certitude de l’impunité assurée par une Haute Cour de Justice incapable de fonctionner et légalement handicapée par une loi organique volontairement pervertie par le régime Hery Rajaonarimampianina et sa bande, appuyés par l’inertie a posteriori de quelques parlementaires achetés.

Noël Razafilahy

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