La Gazette de la grande ile

Le défi de Madagascar

Publié le 24 mai 2022

Penser à un plan de renouveau visionnaire

Plan décennal, Plan triennal, Document de Stratégie de lutte contre la pauvreté, Madagascar Action Plan, Plan National de Développement, Plan Emergence de Madagascar, et après quoi? Les résultats de tous ces plans  n’ont pas pu améliorer le bien-être de la majorité des Malagasy jusqu’à maintenant. Pourquoi ?  Depuis notre indépendance, les affaires mondiales étaient façonnées par les deux superpuissances de l’époque, les États-Unis dirigeant le bloc capitaliste et l’Union des républiques socialistes soviétiques dirigeant le bloc communiste. Ainsi, notre décolonisation se déroulait sur fond de guerre froide. Comme les pays de l’Ouest étaient les capitalistes et les colonialistes, Madagascar avait suivi les mouvements de libération Africains qui  s’étaient tournés vers les pays communistes pour obtenir leur soutien. Ce qui signifiait aussi alliance idéologique. Puis depuis la fin des années 1980, Madagascar a été embourbée dans un système, (dominé par le dollar américain), caractérisé par des crises financières répétées : l’instabilité monétaire, les crises monétaires, les dévaluations erratiques, la fluctuation de prix déstabilisante importée ,  la forte inflation. Les mauvaises gouvernances au niveau des institutions de notre République ont aggravé notre situation socio économique.

Bien que politiquement indépendant historiquement, Madagascar était toujours, et continue d’être, économiquement et monétairement dépendant de l’Ouest et de l’Est. Cela signifie également que notre conception économique est restée  philosophiquement dépendante de l’Occident ou de l’Orient. Ainsi, nous  vivons prisonniers de concepts économiques importés, étatistes et inflationnistes.  Aujourd’hui, plus que jamais, Madagascar est confronté à de nombreux défis pour se remettre sur son vrai chemin de progrès durable et inclusif à cause d’une mauvaise gouvernance de cette dépendance, à cause  des conséquences des crises économiques et financières mondiales, du changement climatique, de la pandémie, et maintenant de la guerre en Ukraine.  Après ces années de crise, la performance économique reste encore insuffisante pour améliorer le bien-être de la majorité des Malagasy. Au cours des sept dernières décennies, Madagascar a toujours été en proie à une inflation galopante (pas moins de 5% par an pendant des décennies) et à une instabilité monétaire nationale induite en partie par le système financier international malgré quelques réformes insuffisantes et mal exécutées en matière de gouvernance. Aujourd’hui en 2022, l’équilibre géopolitique est en train de changer complètement  entre l’Ouest dirigé par Washington, la Russie et la Chine. L’étalon du dollar fiduciaire, parmi les causes de notre instabilité socio-économique,  ne résisterait-il peut être pas à l’épreuve du temps ? Peut-être un retour vers un adossement avec l’or de notre monnaie nationale serait-il envisageable ? L’adossement avec l’or des monnaies des autres nations serait-il   en train de renaître ? Ce que la Russie est en train de faire actuellement. Devrait-on attendre  encore pour agir ?

Plusieurs ménages se trouvent aujourd’hui plus pauvres que dans les années après notre indépendance et des milliers de pauvres supplémentaires sont apparus depuis le début de la crise sanitaire et les conséquences de la   guerre en Ukraine. Madagascar a un défi de relancer son économie et d’améliorer sensiblement sa performance sur la croissance. Pour tenir du changement et de la réalité géopolitique mondiale actuelle, TOUS les POLITICIENS Malagasy, s’ils sont vraiment des HOMMES D’ETAT se souciant de l’avenir des futures générations, ne  devraient-ils pas tous penser à un plan de relance, de renouveau visionnaire ? Ne devraient-ils pas saisir l’opportunité de ce grand changement de l’environnement sociopolitique planétaire pour lancer une vraie transformation, un renouveau pour Madagascar ? Ne devaient–ils pas débattre au moins sur un plan de renouveau visionnaire qui pourrait offrir une approche intégrée de notre  progrès en s’adaptant pragmatiquement et efficacement à l’évolution du nouvel ordre mondial actuel qui est en train de redessiner ?

Le plan ne devrait-il pas être basé sur une vision globale partagée comme  « Construire le nouveau Madagascar pour répondre aux besoins actuels et futurs de la majorité des Malagasy grâce à un développement économique durable et à une transformation sociale ; des approches transparentes et innovantes de la gouvernance ; des infrastructures résilientes, modernes et à la pointe de la technologie ; et une société sûre, éduquée, saine et durable, avec une monnaie forte» La prochaine étape pour réaliser une telle  vision consisterait à la décomposer en objectifs spécifiques concernant la société, l’économie, la résilience et les infrastructures. Madagascar devrait élaborer des objectifs de renouveau à court terme (un à deux ans) et à long terme (trois à onze ans) spécifiques aux défis de Madagascar et conçus pour soutenir le progrès réel. Ces objectifs devraient être concrétisés dans un ensemble de plusieurs centaines d’actions spécifiques, avec un volume d’investissement adéquat. Les actions de progrès ne devraient-elles pas être  nées d’une analyse des conditions préexistantes et ne devraient-elles pas être concrétisées  par des manières de “reconstruire en mieux ?

Soit les POLITICIENS Malagasy, elles/ ils sont toutes/tous des FEMMES/HOMMES D’ETAT,  Autrement, elles /ils ne sont toutes/tous que des FEMMES/HOMMES DE POUVOIR………. A chacun de les évaluer et d’en tirer des conclusions.

Zaza R.

Lire aussi