La Gazette de la grande ile

Hausse du salaire – Sanction pour les récalcitrants

Publié le 25 mai 2022

Risque de perte d’emplois

« Pas d’état d’âme ! Les entreprises qui n’appliqueront pas la hausse de salaire seront sanctionnées », affirme le directeur général du ministère du Travail et des lois sociales, Hanitra Razakaboana, abordée par notre journaliste à l’occasion de la table ronde sur la création d’emplois et bonnes pratiques hier à l’hôtel Carlton. Elle est ferme et, selon elle, la hausse du salaire minimum pour le privé doit être appliquée sous peine de sanction de la société récalcitrante.

Ce n’est pas la première fois que l’Etat impose une hausse du salaire minimum pour le patronat privé. Avril 2019, la réunion de travail avec le président de la république, les représentants des employeurs et les syndicats des salariés a déjà décidé une hausse du salaire minimum, passée ainsi à 200 000 ariary. A l’époque, bon nombre d’employeurs annonçaient être dans l’incapacité d’appliquer cette hausse. Deux ans plus tard, bon nombre d’entre eux n’appliquaient toujours pas cette hausse et encore moins celle fixée récemment à 250 000 ariary.

Parmi les secteurs les plus vulnérables à la hausse des salaires, on peut citer l’éducation. « A ce moment, seulement le tiers des élèves ont payé leur écolage du mois de mai », nous livre un directeur d’école. « Certains de nos enseignants sont encore payés à moins de 200 000 ariary. Se trouvant dans l’incapacité d’augmenter le salaire, nous avons discuté du sujet avec le corps enseignant qui a largement choisi de garder leur emploi avec le même salaire. Avec l’important taux d’abandon scolaire, une hausse des frais de scolarité n’est pas une option pour notre école », poursuit-il.

Ce n’est pas un cas isolé. D’autres établissements scolaires privés interviewés par le quotidien affirment laisser le choix aux enseignants et autres membres du personnel. Ils ont le libre choix : soit quitter, soit travailler avec le même salaire, parce que l’école ne peut observer aucune hausse du salaire. De plus, la plupart du personnel n’est pas inscrit à la Caisse Nationale de Prévoyance sociale (CNaPS). La promesse sans assurance de réalisation selon laquelle l’Etat paiera la cotisation patronale ne leur est ainsi d’aucune nécessité. Il convient de préciser que l’association des écoles privées a annoncé début mai être incapable d’augmenter le salaire.

Annie N.  

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