La Gazette de la grande ile

Pas d’université morte !

Publié le 27 mai 2022

Tandis que certains enseignants de l’Université d’Antananarivo n’enseignent plus depuis quelques temps pour cause d’université morte, sauf il parait dans les formations payantes, d’autres continuent d’enseigner, de faire des soutenances. A l’Université d’Antananarivo mercredi dernier, une table ronde scientifique sur “Libre arbitre et droit” a été organisée par la Faculté de Droit et des Sciences Politiques et son centre de recherches le CEReJ. Le public était venu nombreux, composé d’étudiants mais aussi de personnalités issues du secteur privé, du secteur public, du secteur judiciaire et des anciens de la Faculté qui occupent aujourd’hui des postes importants dans des ministères clés. Des étudiants avec qui nous avons échangé nous ont dit que les enseignants de la Faculté de Droit et des Sciences Politiques avaient déjà informé les étudiants il y a au moins un an que les enseignants de la FDSP étaient à l’initiative de la suggestion de saisine du HCDDED par les six Présidents des Universités de l’époque et que des enseignants de cette même Faculté avaient rédigé le draft de loi sur l’autonomie des Universités qui a servi de base de travail par la suite, leur manière à eux de contribuer à la démarche de quête d’autonomie des Universités.  D’autres étudiants de la Faculté d’Economie, de Gestion et de Sociologue nous ont informés également qu’ils continuent d’avoir cours, que quelques enseignants font l’université morte mais ils ne sont pas majoritaires. A la faculté de Médecine également et à l’Ecole d’Agronomie, les enseignements continuent selon toujours les étudiants. Les étudiants veulent travailler et reprochent au Ministère de l’enseignement supérieur, au ministère des postes et au SECES de ne pas songer à leurs intérêts. Les responsables au sein de l’université d’Antananarivo ont déjà expliqué les procédures pour le salaire des PAT et ce qui relève de l’université et ce qui ne relève pas de l’université,  ainsi que les procédures pour les bourses dont le blocage ne vient pas de l’université puisque les associations pédagogiques sont aussi mises a contribution. Pour les étudiants, tant que leurs enseignants enseignent c’est l’essentiel pour eux car ils ont des calendriers à respecter pour les concours à passer. Dans certaines facultés et écoles les grèves s’éternisent et pour certains, même les cours du premier semestre ne sont pas terminés. L’année universitaire 2020-2021 ne figure nulle part sur leur dossier car de 2019-2020 qui est une année qui a duré presque deux ans, aujourd’hui les étudiants en sont à l’année universitaire 2021-2022 et avec les incessantes grèves dans certaines facultés cela risque d’être deux années blanches. Une première depuis 60 ans!  La Faculté des lettres et sciences humaines quant à elle a organisé un test d’entrée comme juste pour prendre l’argent des parents des bacheliers 2021 alors que jusqu’à maintenant il n’y a ni rentrée, ni inscription. Les autres facultés n’ont pas organisé de test d’entrée, elles sont moins cupides que la faculté des lettres. L’université d’Antananarivo reste encore celle qui accueille le plus d’étudiants et qui, des universités publiques de Madagascar, a un bon classement. Il est temps que les responsables étatiques se rendent compte du rôle central que tiennent les universités publiques et de l’impérieuse nécessité de régler les problèmes des universités.

La Rédaction

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