La Gazette de la grande ile

Mialy Rajoelina : compassion sans respect des droits de l’enfant

Publié le 07 juin 2022

La Première dame est allée voir aux 67ha une des victimes d’enlèvement. Jusque là on ne peut que saluer la compassion qu’elle a, même si on pourrait pinailler sur le fait que cela fait un moment qu’elle devait s’insurger et agir à son niveau face à ces enlèvements étranges dont sont victimes ces jeunes filles. En tout cas, le fait qu’elle soit venue voir la victime est une bonne chose pour la jeune fille, pour sa famille et de manière générale pour les parents qui vivent aujourd’hui la peur au ventre. Enfin, des personnes proches du chef de l’Etat, en l’occurrence sa femme, vient constater la véracité des choses et voir des victimes. Malheureusement, le couple présidentiel est adepte du sensationnalisme et parfois même agit  comme des stars de cinéma. C’est ainsi qu’en faisant un direct la Première dame a bafoué l’intimité de l’enfant, a méconnu les droits de cette jeune fille en tant qu’enfant. Bien sûr que la première dame a demandé à l’enfant si elle acceptait d’être filmée mais les parents de l’enfant étaient-ils d’accord que l’image de leur fille et sa vie soient directement publiées ainsi sur les réseaux sociaux ? Prendre prétexte du fait que les parents de l’enfant n’étaient pas là est la pire méconnaissance des droits de l’enfant. Justement, ses parents n’étaient pas là, il aurait fallu avoir l’aval d’un adulte en charge de l’enfant pour la filmer et surtout pour faire cela en direct. En total mépris des droits de l’enfant, tout le monde connaît aujourd’hui le visage d’une jeune victime et cela va rester sur le net, cela circulera jusqu’à ce que quelqu’un le signale ou jusqu’à ce que cet enfant demande un jour le droit à l’oubli numérique. En total mépris des droits de l’enfant, elle a été questionnée en direct, certes pas en pleine procédure judiciaire mais il y a des professionnels qui ont appris comment auditionner un enfant victime de violences, comment parler à un enfant victime de violences. En total mépris des droits de l’enfant, les caméras et autres étaient braqués sur cette jeune fille qui raconte en direct ce qui lui est arrivé et ce devant toute la cour qui a suivi la première dame. Le respect des droits de cet enfant voudrait que la Première dame et un médecin parlent à l’enfant dans le plus strict secret, qu’elles lui apportent réconfort et que par la suite la première dame en parle aux journalistes. C’est bien pour cela qu’il y a des reportages. Sauf si cette gamine est majeure, ce qui lui a été infligé c’est une violation de ses droits, de son intimité et l’accord qu’elle a donné pour être filmé n’est certainement pas un accord pour un direct et sans l’aval de ses parents. Mais comme ce qui importait n’était pas de se soucier des droits de cet enfant ni forcément du traumatisme qu’elle a subi mais plutôt mettre en avant la Première dame qui prend à cœur l’actuel problème, le minimum des droits de l’enfant a été bafoué. Avec cette manie de faire des directs comme le député père de Bryan, ou encore les gens qui ont filmé en direct le père qui a tapé son fils Dylan… Non madame la Première Dame, envoyer en direct la vie de cette jeune fille dont la vie est désormais connue de tous à cause de ce direct , dont l’accord des parents n’a pas été obtenu, n’est plus de la compassion mais du sensationnalisme en violation des droits de l’enfant en ce mois de juin, mois de l’enfance.

La Rédaction

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