La Gazette de la grande ile

FFKM : besoin d’instruction

Publié le 10 juin 2022

Bornés. C’est ainsi que l’on peut qualifier les membres du Conseil œcuménique des églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), notamment l’église catholique qui a, jusqu’ici, réussi ses manigances contre la proposition de loi sur l’interruption thérapeutique de la grossesse. Sept mois après sa présentation par la député élue à Tsihombe, Masy Goulamaly, cette dernière n’est toujours pas inscrite dans l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Tout d’abord, des rappels sur le contenu de cette proposition de loi s’imposent parce qu’il va sans dire que le FFKM n’a pas du tout rien compris. En effet, le code pénal malgache réprimande toute forme d’interruption de grossesse et quoi que soit le motif, médical ou thérapeutique. La proposition de loi sur l’ITG, elle parle de dépénaliser l’avortement pour des raisons médicales et thérapeutiques comme son nom l’indique, c’est-à-dire si la grossesse est une menace pour la mère ou si le fœtus n’est pas viable.

La dépénalisation de l’interruption thérapeutique de la grossesse est proposée pour sauver des vies. Nul besoin de chercher loin. Prenons l’exemple de la grossesse extra-utérine (GEU). Pour éviter toute complication (hémorragie cataclysmique chez la mère et donc son décès), on fait appel à l’injection de methotrexate pour interrompre le développement du fœtus. Dans un stade avancé, une intervention chirurgicale est nécessaire. Tout cela dans le but de sauver vie de la mère puisqu’une grossesse extra-utérine n’est guère viable. Là on parle de raison thérapeutique.

L’interruption thérapeutique de la grossesse vise aussi la dépénalisation pour des raisons médicales, c’est-à-dire pour des motifs de santé du fœtus. La proposition de loi sur l’ITG spécifie les pathologies dans le cas où l’ITG serait autorisée : les malformations graves du fœtus ou syndrome polymalformatif INCOMPATIBLES AVEC LA VIE.

Par ailleurs, le FFKM est catégorique sur le sujet de l’interruption thérapeutique de la grossesse pour des raisons médicales : NON. La raison à ce refus est encore plus ridicule si l’on lit la proposition visant à dépénaliser l’ITG. En effet, selon le FFKM, la vie est sacrée et personne ne devrait avoir le droit de mettre fin à vie. La question est alors des plus simples : en refusant l’ITG, une intervention qui vise à sauver la vie de la mère, quelle vie honore la religion ? Au contraire, en refusant de préserver la vie d’une mère, on lui ôte sa vie. Toujours est-il que le fœtus ne survivra pas dans le ventre d’un cadavre.

Aina P.

Lire aussi