La Gazette de la grande ile

59 ans d’hypocrisie à changer

Publié le 13 juin 2022

Le 62ème anniversaire de l’indépendance de Madagascar est dans quelques jours. Un programme a été établi par les dirigeants pendant les quelques jours qui précèdent le 26 juin. Quand vient le 26 juin chaque année, il règne une ambiance festive, pas uniquement dans la capitale, mais jusque dans les campagnes. Les petits lampions, « harendrina », lasers et jouets de fabrication chinoise arrivent jusque dans les petites localités et les enfants en sont ravis. Sans oublier les feux d’artifices du 25 juin qui sont l’un des événements les plus marquants de la fête nationale. Il y a aussi le défilé des forces armées, le 26 juin après-midi pour cette année. Puisque ces derniers célèbrent en même temps leur fête, les corps des forces de l’ordre tous confondus vont défiler et se montrer devant les Malgaches. Mais le peuple attend surtout leurs actions pour la mise en place de la sécurité, une sécurité très vulnérable. Pour l’ensemble de la population, on pense surtout au jour de la fête nationale : comment va-t-on la célébrer ? Qu’est-ce qu’on va manger ? Quel met fera plaisir à tout le monde ? On va se promener et faire la fête avec la famille et la célébration s’arrête là sans vraiment penser à son vrai sens. Les commerçants quant à eux ne pensent qu’à leurs chiffres d’affaires qui doivent sûrement augmenter pendant ces fêtes. Il y en a même qui osent vendre des produits périmés sans les contrôles des responsables même si on sait que c’est dangereux pour la santé. La vraie indépendance naît de l’harmonie et de l’entraide entre les citoyens. Des citoyens qui se préoccupent et qui se prennent soin, mais ce qu’on voit aujourd’hui c’est plutôt le contraire. L’égoïsme règne et l’image du pays est souillée. Quand on parle de la vie du peuple en général, tout le monde fait ce qu’il peut, mais visiblement, on n’est pas encore sortis de l’auberge. Les Malgaches ne se font plus confiance.  Les gens n’ont plus confiance aux hôpitaux publics, car il paraît qu’on demande beaucoup d’argent là-bas. On ne fait pas confiance aux forces armées, à la justice et même les « simples citoyens » ne se font pas confiance et vivent comme ils veulent sans penser aux compatriotes : c’est chacun pour soi. Nos aînés ont combattu contre les colons, mais nous, nous combattons entre nous. On a 59 ans d’indépendance et 59 ans d’hypocrisie et de haine qu’il faudra changer.

Riri

Lire aussi