La Gazette de la grande ile

Protection de l’environnement : Rien qu’une mascarade !

Publié le 20 juin 2022

100 000 ha de forêts naturelles partent en fumée chaque année depuis 1960 (500 000 ha en 2017), d’après le ministère de l’Environnement et du développement durable (MEDD). A l’heure actuelle, la Grande Ile ne dispose que de moins de neuf millions d’hectares de forêts. Les acteurs dans la protection de l’environnement, notamment les lanceurs d’alerte et les organisations de la société civile (OSC), s’affolent. Outre la vitesse à laquelle la dégradation de l’écosystème s’effectue, ces derniers s’alarment aussi devant l’absence de protection des lanceurs d’alerte. Ils dénoncent en l’occurrence l’injustice dans l’affaire de meurtre du lanceur d’alerte Henri Rakotoarisoa, âgé de 70 ans.

A titre de rappel, ce dernier a été trouvé mort le 2 juin dernier dans la forêt d’Ankazondandy-Beparasy. « C’est le résultat d’une discorde datant de l’année dernière. Septembre 2021, Henri Rakotoarisoa a lancé l’alerte sur des cas de trafics dans la forêt d’Ankazondandy, le mois de septembre. Il a été accusé pour trouble à l’ordre public et les trafiquants ont réussi à l’incarcérer », dénoncent les OCS, vendredi face à la presse.

Dans leur déclaration, les OCS, dont Alliance Voahary Gasy (AVG), CCOC Madagascar (Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes), MONEPT (Mouvement National pour l’Education Pour Tous) et MSIS-tatao (Multi-Sector Information Service/Tohana sy ainga ho an’ny tambazotran’ny olom-pirenena) entre autres dénoncent une injustice. En effet, 35 personnes se sont dénoncées auprès des forces de l’ordre, dont 28 libérées provisoirement et 7 en détention provisoire. « Il y a terrorisme et non protection des lanceurs d’alerte, impunité (envers les réseaux de trafiquants) et la lenteur dans la prise de décision », soutiennent les OSC.

Or, la protection de l’environnement et la lutte contre les trafics passent nécessairement par les lanceurs d’alerte, ces derniers étant sur le terrain et au courant de ce qui se passe sur le terrain, contrairement au ministère qui ne sert à rien. D’abord, on se doute des compétences de la ministre, Marie Orléa Vina qui a certainement travaillé dans une mairie, mais qui s’est vu attribuer le poste de ministre de l’Environnement et du développement durable tout simplement parce qu’elle est la belle-sœur de l’intouchable ministre Roberto Tinoka. Il est donc tout à fait normal que rien ne va dans l’actuel département de la jeune dame. A noter que les garde-forestiers ne peuvent pas assurer leurs missions avec 30 000 ha à surveiller par personne.

Aina P.

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