La Gazette de la grande ile

Sauvagerie des Tananariviens : Naina Andriantsitohaina, impuissant

Publié le 21 juin 2022

Des efforts ont été faits dans le but de rendre sa dignité à la ville des Mille. Depuis son élection en janvier 2020, le maire de la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA), Naina Andriantsitohaina, a mis l’accent sur la lutte contre la corruption, l’assainissement de la ville (nettoyage des marchés et rues, curage des canaux d’évacuation par la construction des nouveaux marchés pour lutter contre les marchands de rue), lutte contre les constructions et remblais irréguliers (causant d’importantes inondations) et la lutte pour la fluidité de la circulation entre autres. Malheureusement, tous ces efforts sont vains. Hier, dans son discours à l’occasion de l’inauguration du marché du Coum aux 67Ha, il a déploré l’incivisme, voire la sauvagerie des Tananariviens. « Pourquoi sommes-nous obligés de nettoyer quotidiennement les marchés, parce qu’ils sont inondés d’ordures ? Pourquoi sommes-nous obligés de curer les canaux d’évacuation tous les mois, parce que ceux-ci sont bouchés par les ordures ? Pourquoi sommes-nous contraints de sanctionner tous les jours pour cause de remblayages et constructions illicites ? Pourquoi sommes-nous obligés incessamment de chasser les commerçants qui ne respectent pas les organisations ? Pourquoi sommes-nous obligés de sanctionner les vandales ? », retient-on de son discours. Cette sauvagerie est bien réelle. Mais il va sans dire que la CUA est impuissante face à ces mauvaises pratiques. Autrement, le maire n’aurait pas à se plaindre de la sorte publiquement. « Pourquoi les efforts entrepris sont toujours à renouveler ? Les Tananariviens sont-ils tous des entêtés ? On perd notre temps à faire cache-cache », poursuit Naina Andriantsitohaina dans sa prise de parole. Dans le cadre de la prévention et du rétablissement de la salubrité publique, de la sécurité publique et de la tranquillité publique, la CUA a décidé d’appliquer (ce qui est bien grand mot dans le cas de la CUA) le Code Municipal d’Hygiène (CMH). Il y a aussi les textes et réglementations en vigueur qui servent de balises dans ces cas précis, mais l’application et la restriction semblent impossibles ou les responsables ont-ils juste peur (ou impuissants) d’appliquer la loi ?

Annie N.

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