La Gazette de la grande ile

Protection des lanceurs d’alerte : L’adoption d’un cadre juridique, une urgence

Publié le 23 juin 2022

D’une superficie d’environ 2 800 hectares, la forêt de Vohibola fait partie du domaine privé de l’Etat. Elle abrite une faune et une flore endémiques d’une grande richesse. L’association communautaire Razan’ny Vohibola réunissant les quatre villages environnant la forêt de Vohibola se disent victimes de menaces de mort actuellement. Elle se bat pour la conservation de l’une des dernières forêts primaires de l’Est de Madagascar contre les pilleurs depuis sept ans. Les membres auraient été souvent victimes de menaces à cause de leurs actes de dénonciation et de lancement d’alerte sur les coupes illégales de bois, de charbonnage, de commerce illégal de lémuriens, de braconnage et d’incendie volontaire de forêt. Les criminels environnementaux ont été arrêtés et relâchés plusieurs fois. Ils font rarement l’objet de condamnation par la justice, dénonce l’association. Le procès d’un présumé braconnier arrêté lors d’une descente de la Direction régionale de l’environnement et du développement durable de Toamasina dans la forêt de Vohibola pour des faits de charbonnage illicite, est prévu se tenir ce jour à Toamasina. Pour éviter que d’autres défenseurs et lanceurs d’alerte ne subissent des représailles, à l’instar de feu Henri Rakotoarisoa, les sociétés civiles (Transparency International, l’association INDRI et l’Alliance Voahary Gasy) font appel à la justice pour punir sévèrement les trafiquants. L’adoption d’un cadre juridique de protection des défenseurs des droits humains et des lanceurs d’alerte à Madagascar s’avère une urgence, les menaces qui pèsent sur l’environnement et ses protecteurs continuant de s’intensifier.

Nandrianina

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