La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY

Publié le 24 juin 2022

L’instrumentalisation de la  Justice

Voici plus d’un  demi-siècle que  ce pays est à la  recherche de toutes les  conditions nécessaires pour jouir  du statut honorable d’être considéré comme nation « politiquement correcte »… Hélas, malgré toute la  bonne volonté et l’admirable  détermination  des  dirigeants, déjà dans les années 60 jusqu’au  1er avril 1971, sous la houlette de Philibert Tsiranana, le premier Président de la  République, le  régime en place est tombé dans les pièges des ambitions  déplacées d’une bourgeoisie ploutocrate profitant du mouvement populaire de la  révolte des paysans conduite par Monja  Jaona qui ouvre la porte à  une  succession  d’émeutes  cycliques.

En effet, les lois existantes étaient confectionnées  de manière à  permettre aux grands  voleurs  de la République d’échapper aux   verdicts d’une Haute  Cour  de Justice bloquée par le refus  « d’obtempérer » de quelques parlementaires  « purement  et  simplement achetés ». A l’heure actuelle, l’opinion internationale fait  état des craintes justifiées des investisseurs  face  aux mauvaises pratiques  de certains juges  de tribunaux  de notre pays, pratiquement manipulés par les riches parrains des  associations  de malfaiteurs bien organisées et  capables de soudoyer des hautes  autorités  qui, à leur tour,  dictent à des magistrats des jugements d’une partialité incroyable. Ne prenons rien que le cas de la SOGECOA (Société GENIE CIVIL ET COMMERCIALE DE l’Anhui (Chine), sise à Ivato. L’entreprise  et le  complexe commercial HORIZON ont dû fermer  boutique et mettre au  chômage tout  son personnel  à partir  de  décisions judiciaires douteuses contestables.  A l’origine, une  Convention  de  Partenariat en  bonne  et  due  forme avec la Gendarmerie  Nationale de Madagascar a mis à la disposition de la SOGECOA une parcelle de  terrain dépendant de la propriété dite «ITARIHA MAHAFALY » appartenant à l’Etat Malagasy et  affectée à la Gendarmerie Malagasy, Titre  foncier n°307-H sise à  Ivato, Antananarivo. Malgré toutes les  formalités  exigibles pour  un cas pareil ( aval du Ministère de la  Défense et  du Secrétariat  d’Etat à la  Gendarmerie  Nationale), le TRIBUNAL  Civil  en première  instance  a  encore trouvé les moyens d’argumenter jusqu’ à « donner gain  de  cause » à une plaignante accusant SOGECOA d’ « occupation sans  droit  ni  titres » d’un périmètre revendiqué par la  requérante. De la Cour  d’Appel et d’une instance à l’autre, le verdict est au détriment de SOGECOA jusqu’à  ce  jour, pour  des  raisons  que la  raison  refuse  de  comprendre. Pire, l’affaire  se poursuit et se complique de manière illégale que des auxiliaires de la  Justice  (Notaire  et  huissiers) faisant preuve  d’ « un  zèle personnellement intéressé »,  risquent d’être accusés de  «faux et  d’usage  de faux »  en  voulant  s’approprier des  biens  de la SOGECOA et des marchandises du complexe HORIZON. Les observateurs internationaux  et les  diplomates suivent  avec intérêt la  suite réservée à  ce qui n’était au début qu’un quiproquo judiciaire scandaleux le dossier RC n°17049/16 du Jugement   n°2914 du  24 mai 2018, actuellement du  ressort de ladite « toutes  chambres  réunies » dans le  dossier « PIL » (Pour Intérêt  de la  Loi).

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