La Gazette de la grande ile

Santé publique – Lutte contre la corruption : Une bonne blague du ministère

Publié le 27 juin 2022

Le ministère de la Santé publique lance une sensibilisation bidon sur les réseaux sociaux pour la lutte contre la corruption perpétuée au sein des établissements de soins publics. La communication indique les démarches à suivre pour dénoncer des cas de corruption. Des numéros ont été mis en place pour ce faire. Mais ce n’est que pour faire bonne image face aux innombrables plaintes de corruption dans les hôpitaux publics, voire au niveau du ministère central.

Pour preuve, ces plaintes n’aboutissent à rien. Avril 2021, alors que la Grande Ile était en pleine épidémie de coronavirus et enregistrait une pénurie de médicaments pour le traitement de cette maladie, La Gazette de la Grande Ile a fait des investigations qui ont mené à la découverte de trafics de médicaments supposés être distribués gratuitement au CSB II (centre de santé de base niveau 2) Itaosy Cité (édition 15 avril 2021 : « CSB II : Trafic de médicaments »).

Quelque temps après, le ministère annonce l’ouverture d’une enquête, mais en vain. Pire, décembre 2021, la pratique revient et ça a mérité un autre titre dans notre journal paru le 30 décembre de la même année : « CSB II – Itaosy Cité : Retour du trafic des médicaments ». Mais les responsables n’ont pas été sanctionnés. Après tout, comment lutter contre la corruption au sein des CSB et hôpitaux si le ministre de la Santé publique, Zely Arivelo Randriamanantany, lui-même est corrompu jusqu’à la moelle ? Rappel des faits, le ministre est accusé de contraindre les médecins à orienter leurs patients vers son laboratoire L’Excellence à Mahamasina, sous peine d’affectation. Mais le protégé d’Olga Rajoelina, mère du président de la république, de par ce statut, est intouchable. Ainsi gouverne-t-on à Madagascar ! Et ce n’est pas un cas isolé.

Les vols, les détournements et la corruption au sein du ministère de la Santé publique font ravage, sans que les coupables ne soient inquiétés. Au contraire, ceux qui osent dénoncer sont victimes de représailles. Le lanceur d’alerte Ravo Nambinina Ramasomanana en est la preuve. Il a dénoncé des cas de détournement de deniers publics s’élever à un montant de plus de 44 milliards d’ariary durant la période de coronavirus de ces dernières années sur les réseaux sociaux. Il a déposé une plainte auprès du Pôle anti-corruption pour dénoncer les faits, mais ces démarches se sont finalement tournées contre lui. Il a été poursuivi pour diffamation à l’encontre de l’Etat malgache et de trouble à l’ordre public. Verdict : Ravo Nambinina a été condamné à un million d’ariary d’amende pour diffamation à l’encontre de l’Etat malgache.

Aina A.

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