La Gazette de la grande ile

Orientation de Madagascar : Occident ou Orient ?

Publié le 29 juin 2022

Quelle sera la  force d’entraînement que Madagascar suivra dans ce monde nouveau qui est en train d’être dessiné, l’Occident ou l’Orient? Madagascar doit se développer dans le contexte actuel de la transformation mondiale, dans le contexte actuel de l’importance de l’interdépendance actuelle entre toutes les sociétés du monde et dans le contexte actuel des défis auxquels tous les pays doivent faire face pour notre sécurité commune. Il faut reconnaître que notre apport est marginal au niveau du concert des nations pour influer les grandes tendances universelles.  Mais il faut être pragmatique et réaliste sans état d’âme.

Historiquement, les crises internationales ont donné un nouvel élan aux dirigeants du monde pour réinventer et réinventer l’ordre mondial. C’est ce qui s’est passé au milieu du XXe siècle. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont tiré les leçons de la Grande Dépression et des deux guerres mondiales pour construire un ordre international ayant adopté le multilatéralisme comme stratégie pour favoriser la démocratie, la sécurité et la croissance économique en général.

C’est ce qui se passe aujourd’hui. Le monde est confronté à de multiples crises qui menacent de démêler l’ordre établi après la deuxième guerre mondiale. La pandémie de COVID-19 a déclenché une crise économique et sanitaire mondiale, et de nombreuses économies en développement n’ont toujours pas un accès adéquat aux vaccins ou aux moyens de les distribuer. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a aggravé la crise induite par la pandémie et a également créé une crise sur les marchés de l’énergie et de l’alimentation. Cela pourrait encore saper la sécurité humaine et la stabilité politique dans le monde. Actuellement, tous les leaders politiques de la communauté internationale occidentale et orientale s’efforcent de maintenir le développement tout en s’attaquant aux déficits de la paix et de la gouvernance mondiales. Aujourd’hui, le monde entier constate que les deux plus grandes puissances économiques et militaires – les États-Unis et la Chine se sont engagées dans une intense compétition d’influence dans l’Indo-Pacifique, dans les institutions multilatérales et dans le monde en développement.

C’est dans ce contexte, la semaine dernière lors du quatorzième Sommet des pays membres des BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, que la Chine, assurant la présidence tournante des BRICS de cette année, a appelé à favoriser un partenariat de haute qualité et à entamer un nouveau voyage de coopération internationale. Pendant cette quatorzième édition du sommet de BRICS,  la Chine a également organisé un dialogue sur le développement mondial en format virtuel ;  Pékin a déclaré que la Chine transformerait le Fonds d’aide à la coopération Sud-Sud en un Fonds mondial pour le développement et la coopération Sud-Sud, ajoutant 1 milliard de dollars au fonds en plus des 3 milliards de dollars déjà engagés et augmenterait les contributions au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la paix et le développement.

C’est dans ce contexte que les dirigeants des sept anciennes plus importantes économies développées (Allemagne, Canada, France, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis), « les G7 », se sont réunis récemment pendant deux jours dans les Alpes bavaroises, en Allemagne. Ils ont examiné entre autres, leurs plans d’aide au développement international, et les États-Unis cherchent à innover en lançant un partenariat pour les infrastructures mondiales entre les sept pays. Parallèlement, la Russie a non seulement remis en question les règles posées après la seconde guerre mondiale, mais aussi lancé un défi aux pays occidentaux. A travers différents canaux de communication, Moscou ne cesse d’affirmer que le rôle des Occidentaux n’est plus déterminant dans un monde où ils sont désormais concurrencés par de nouvelles puissances émergentes. En réponse, pour innover, les chefs d’État d’Indonésie, d’Inde, du Sénégal, d’Afrique du Sud et d’Argentine ont été invités au sommet de G7 de la semaine dernière. Les leaders de G7 espéreraient forger des réponses communes aux défis actuels du monde avec les pays émergents suscités.  Et pour répondre aux projets portés par la Chine, Washington s’est engagé à lever 600 milliards de dollars de fonds privés et publics sur cinq ans pour financer des infrastructures dans les pays en développement et en Afrique en particulier, dans le cadre de “Build Back Better World” annoncé lors du Sommet de G7 en juin 2021, une alternative à “Belt and Road Initiative “ de la Chine.

Nos leaders politiques sauront -ils débattre ouvertement pour choisir la meilleure direction, la meilleure gouvernance économique et la meilleure coopération pour le bien de la majorité en ce qui concerne le développement des Malagasy auquel ce nouveau contexte nous obligerait ? Compte tenu des énormes défis auxquels nous devrions faire face pour sortir les 21 millions de Malagasy de la pauvreté, une vision partagée et appropriée par la majorité serait-elle de trop pour baser notre coopération future avec les partenaires internationaux, lesquels ont tous montré une approche convergente du développement au cours de ces dernières années. L’histoire jugera si Madagascar a eu des vrais politiciens patriotiques.

Zaza R.

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