La Gazette de la grande ile

Partage de pouvoirs : « Pour la forme »

Publié le 30 juin 2022

Déconcentration et décentralisation sont deux modes d’administration distincts, mais complémentaires. La déconcentration vise à rapprocher l’administration d’État des administrés; la décentralisation a pour objectif de faire participer les habitants, à travers leurs représentants élus, à la gestion des affaires locales. Madagascar, un pays fortement centralisé, a toujours voulu expérimenter différentes formes de décentralisation depuis son accession à l’indépendance. Mais ce processus se heurte à des hésitations des autorités nationales et à des changements trop fréquents de Constitution. https://bit.ly/3Nv2GBi

Chez nous, la décentralisation c’est juste pour la forme, car c’est l’État central qui détient le pouvoir et a le dernier mot. Même si chaque région devrait disposer librement d’un budget pour le développement et la réalisation des activités  dans leurs localités, ce n’est pas le cas. On donne une somme colossale pour des projets de Werawera, Velirano oblige (Que du feu !) : JIRAMA(ty),  Tanamasoandro, fly over, RN13, etc… Mais pour une relance économique, nada.

Pour rappel, la décentralisation consiste dans le transfert d’attributions de l’État à des collectivités ou institutions différentes de lui et bénéficiant, sous sa surveillance, d’une certaine autonomie de gestion. En tant qu’organisation territoriale, elle a trois sens qui désignent trois aspects d’un même processus :

– un sens juridique (décentralisation comme l’attribution de pouvoirs nouveaux aux représentants des collectivités territoriales),

– un sens à dominante administrative (répartition des compétences entre l’État et les collectivités territoriales),

– un sens politique (réforme de l’État et de son organisation territoriale).

Pour une analyse complète, nous vous invitons à relire l’article « Madagascar : comprendre la décentralisation avant l’irréparable » paru le 13 août 2014 https://bit.ly/3No8axW par RATSIMBAZAFY Olivas Josias.

On en reparle car depuis rien n’a changé. Les collectivités locales n’ont vu aucune autonomie ; les PTF et bailleurs imposent ce qu’ils veulent. A côté, nous sommes juste spectateurs de la destruction de notre pays à cause de l’amateurisme et de la médiocrité de nos dirigeants.

F. Ntsoa

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