La Gazette de la grande ile

Vol au Ministère des Mines : Le casse presque parfait

Publié le 30 juin 2022

Plus 36 kg d’or et de pierres précieuses ont été dilapidés dans le coffre du Ministère des Mines. Il est intéressant de revenir sur ce casse presque parfait.

A qui appartient cet or et pourquoi s’est-il retrouvé dans ce coffre ? Il résulte certainement d’une activité frauduleuse ou mafieuse, puisqu’il n’a pas été placé, juste après sa saisie, à la Banque Centrale de Madagascar. Qui avait accès au coffre et au bureau où il se trouvait ? Y avait-il des caméras de surveillance ou est-ce que les enregistrements ont été effacés ? Quel est le degré d’implication de Fidiniavo Ravokatra, ex-Ministre des Mines, dans ce nouveau scandale ? Ceux qui veulent le disculper comptent-ils rejeter la responsabilité sur le Premier Ministre qui a assuré l’intérim de ce ministère ? Seules l’enquête préliminaire et l’instruction fourniront des réponses à toutes ces interrogations légitimes.

Concernant le vol proprement dit, tout d’abord, on peut constater que les auteurs et complices n’ont pas commis d’effraction. Ils n’avaient aucune raison de le faire puisqu’ils avaient les clés de toutes les portes et du coffre. Ensuite, les auteurs et complices n’ont pas été appréhendés au moment d’une exportation illicite du métal précieux. Il a fallu constater la perte de l’or lors d’une passation de service et effectuer des recoupements pour parvenir à la conclusion d’un vol et à l’arrestation des suspects. Enfin, les auteurs et complices ont fait preuve d’ingéniosité en remplaçant l’or par un autre métal, mais ils ont eu la naïveté de croire que le larcin passerait inaperçu.

Il sera facile de déterminer la date d’entrée du butin dans le coffre, mais ce sera plus difficile de connaître avec exactitude la date de la soustraction frauduleuse. Les investigations vont prendre beaucoup de temps. En attendant, les suspects doivent rester coffrés. Leur détention préventive est essentielle à la manifestation de la vérité. Parmi eux, certains sont coupables mais d’autres malheureusement sont innocents. Il s’agit maintenant d’identifier et de traquer les complices encore en liberté.

Folojaona

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