La Gazette de la grande ile

Silence complice

Publié le 05 juillet 2022

La disparition des 36kg d’or dans le coffre du Directeur Général du ministère des Mines et des Ressources Stratégiques (MMRS) à Ampandrianomby attire toujours l’attention des citoyens et des observateurs politiques. En principe, des enquêtes au fond menées par les différentes autorités devraient permettre l’identification des présumés auteurs de ce vol. Jusqu’à présent, aucune information officielle n’a été communiquée afin d’éclaircir les zones d’ombre dans le cadre de cette affaire. Mais bizarrement, la Commission d’enquête parlementaire sur le trafic d’or, créée le 31 mai au sein de l’Assemblée Nationale, reste totalement muette. Une situation qui ne doit cependant pas inquiéter l’opinion publique, car on a déjà rapporté dans nos colonnes et ce plusieurs fois, que cette Commission n’a pas du tout sa raison d’être. A l’initiative du député IRD Mohamad Ahmad, connu pour sa mauvaise réputation en matière de trafic d’or, ladite Commission n’a aucune crédibilité pour diriger des enquêtes. Celle-ci, selon les mauvaises langues, n’est qu’un bouclier ayant pour fins de protéger le business de certains dirigeants eux-mêmes, y compris Mohamad Ahmad. Ainsi, ils ont évité ce sujet brûlant vers la dernière semaine avant la fin de la session du Parlement, clôturée vendredi dernier. Or, une démarche aurait dû être entamée afin d’avoir la validation des députés, condition de l’ouverture d’une enquête par rapport aux 36kg d’or volatilisés au MMRS.

Les citoyens craignent que cette affaire ne soit tombée dans les oubliettes, tout comme les autres cas de trafics d’or (73,5kg saisis en Afrique du Sud en janvier 2021 et dernièrement les 49kg aux Comores). La culture de l’impunité risquerait de régner dans le traitement de ce dossier au cas où les différentes instances tardent à prendre les mesures adéquates. Malgré le fait qu’aucune enquête et investigation n’a encore été communiquée, le Premier Ministre Ntsay Christian et l’ancien ministre des Mines, Fidiniavo Ravokatra semblent être sur la première liste des personnes soupçonnées. Sur ce, la Commission d’enquête parlementaire de Mohamad Ahmad n’affiche que son silence complice.

Randria M

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