La Gazette de la grande ile

Grandes transactions foncières : Les accords signés devraient être suivis de près

Publié le 06 juillet 2022

L’exploitation d’immenses terres agricoles par des grandes multinationales coûterait très cher pour les Malagasy. Madame la Ministre en charge de l’économie, Madame la Ministre en charge du travail, Madame la Ministre en charge de la population et Madame la Ministre en charge de l’environnement étaient-elles au courant des teneurs des accords signés par la Présidence  avec les grands groupes internationaux dans le secteur agricole ?  Les mesures pour réduire les impacts négatifs sociaux et environnementaux étaient-elles bien intégrées dans ces accords ?

Des résultats d’études récentes comme celle du rapport publié en 2021 par la « Land Matrix », un partenariat mondial qui vise à améliorer la transparence des acquisitions foncières à grande échelle, ont montré que les transactions foncières à grande échelle sont néfastes pour l’environnement. L’étude a souligné que de plus en plus d’éléments indiquent que ces transactions ont de lourdes répercussions sur l’environnement. Elles concernent généralement l’agriculture commerciale et les investissements y afférents menacent les forêts, les réserves en eau et la biodiversité. Elles contribuent de manière significative à la déforestation, à la destruction des habitats et à la dégradation des sols et sont responsables de pertes massives de biodiversité et à de fortes émissions de carbone, en particulier lorsque les forêts tropicales humides sont touchées.

Le rapport, appuyé par des preuves provenant d’autres organisations, constate également que cette tendance d’acquisition de vastes terres agricoles produit relativement peu d’avantages socio-économiques, en termes d’emplois et d’infrastructures. D’autres études récentes mettent également en lumière les conséquences de ces investissements fonciers dans 3 pays d’Afrique. Au Mozambique, la déforestation s’aggrave. Au Kenya, des pollutions et des pénuries d’eau poussent les petits agriculteurs à des changements de gestion de leurs exploitations. Et à Madagascar, les grandes transactions foncières réduisent l’accès des petits éleveurs aux pâturages.

Les accords signés par les autorités publiques actuelles avec de grandes multinationales devraient être suivis de près en y mettant l’accent pour que  leur contribution soit responsable et durable pour le développement économique et social des Malagasy, tout en  respectant les droits de l’Homme et de l’environnement.

Zaza R.

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