La Gazette de la grande ile

Quand le ministère de l’enseignement supérieur fait des miracles

Publié le 07 juillet 2022

Alors que le SECES a fait sur plusieurs semaines des universités mortes et ce avec la complicité des responsables ministériels qui, de leur côté, selon le rapport de la copries de mardi dernier, ont préparé les amendements au projet de loi sur l’autonomie universitaire, voilà que la réunion des présidents d’universités et des responsables ministériels et des nouveaux élus, sort un calendrier universitaire selon lequel l’année universitaire 2021-2022 va se terminer en octobre. Finalement donc, il est possible qu’il y ait de longues grèves dans les universités, car dans tous les cas, le calendrier universitaire peut toujours être aménagé et les enseignants qui font grève arrivent toujours à rattraper ceux qui ne font pas grève. L’enseignement supérieur à Madagascar est plus que jamais malade aujourd’hui. A cela s’ajoute le fait que les recrutements d’enseignants chercheurs se font rare alors que chaque année apporte son lot de départ à la retraite, et mieux encore le nombre de recrutement diminue dans la loi de finances rectificative comme s’il n’est nul besoin de recruter des enseignants. Peut-être que ceux qui sont là suffisent pour faire fonctionner les universités existantes et que pour les universités aux normes, elles vont fonctionner avec on ne sait pas qui ou avec quelques enseignants qui vont enseigner toutes les matières à moins que les universitaires soient pluridisciplinaires ! Le miracle de l’enseignement supérieur va plus loin puisqu’à l’issue de la réunion de mardi, beaucoup de responsables universitaires avec qui nous avons discuté après la réunion, ont soulevé le fait que ce fameux projet de loi qui a été annoncé comme devant être présenté devant le Parlement à la session d’octobre, personne dans les universités ne l’a vu. Qu’il y ait une omerta sur les amendements et ce que sera la loi puisque le ministère a fait cavalier seul avec le SECES, sans concertation avec le corps universitaire, ce qui est loin d’être une bonne chose. Mais surtout, et notre journal en avait déjà fait une analyse, c’est une grossière erreur pour le ministère de penser qu’il peut transformer un article de la Constitution qui évoque clairement les Universités en y incluant les centres de recherches. Si le constituant a évoqué que l’autonomie des universités doit faire l’objet d’une loi, cette autonomie étant déjà prévue dans une ordonnance et un décret, il n’est nulle question de centres de recherches. Mais le ministère de l’enseignement supérieur se croit en réalité au-dessus de la Constitution et pense pouvoir aller au-delà de la Constitution. C’est cela le miracle de l’enseignement supérieur avec tout le sarcasme qui va avec !

La Rédaction  

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