La Gazette de la grande ile

Economie bleue – ZEE : Qu’est-ce-qui nous restera ?

Publié le 21 juillet 2022

Les Malagasy assistent à une vente aux enchères de leurs ressources naturelles par les « personnes au pouvoir » aux étrangers d’année en année. Avec Ambatovy et QMM dans le secteur minier ; les Japonais entrent en scène mesdames et messieurs. Dites au revoir au développement si vous espériez une relance via l’exploitation de notre économie bleue. Un potentiel non négligeable du fait que nous sommes une île.

Hier, a eu lieu dans les locaux du Ministère de la Pêche et de l’Économie bleue à Ampandrianomby, la signature d’un nouveau protocole d’accord autorisant la compagnie Japan Tuna de pêcher dans la ZEE (zone économique exclusive) de la Grande île pour une durée de deux ans à compter du 01er septembre 2022. Des représentants de la société civile ont assisté à cet événement. A été souligné que 10 navires japonais seront utilisés dans le cadre de ce nouvel accord et que ça devrait rapporter dans les 1 169 000 USD dans les caisses de l’Etat et générer de nombreux avantages. (https://bit.ly/3csOcW6).

ZEE ou Zone Économique Exclusive, c’est quoi ?

Pour votre information : la création des ZEE relève de la troisième conférence de l’Organisation des Nations Unies sur le Droit de la Mer, lors de l’adoption de la Convention de Montego Bay (10 décembre 1982). Les deux conférences précédentes s’étaient tenues en 1958 et en 1960 à Genève. Le texte de Montego Bay définit la ZEE comme une bande limitée par la ligne des 200 milles marins internationale (370 km) à partir de la ligne de base en l’absence d’autre rivage. Si le rivage le plus proche est à moins de 200 milles nautiques, on trace en principe la frontière à mi-distance des lignes de base des deux pays riverains. (https://bit.ly/3IT09Af).

Elle est née suite aux revendications politiques fortement exprimées par les pays en développement, en particulier les États Africains.

La raison de sa création ?

L’exploitation, le prélèvement abusif et sans limites des ressources halieutiques à proximité de leur mer territoriale.

Le thon à l’échelle mondiale

Le thon fait référence à un poisson d’eau salée, un membre de la famille des poissons maquereaux. Il peut être consommé frais, congelé et en conserve. C’est une riche source de nutriments vitaux (niacine, Omega 3, etc.) qui aide à améliorer l’immunité, à baisser la pression artérielle, à renforcer les os, à aider à la circulation et à la perte de poids, etc. Outre les niveaux élevés de mondialisation et la tendance croissante à explorer les cuisines internationales ; la prise de conscience croissante sur la santé et les nombreux avantages de la consommation de thon chez les consommateurs catalysent également la croissance du marché.

Selon le dernier rapport du groupe IMARC, intitulé « Prix du marché du thon : tendances mondiales de l’industrie, part, taille, croissance, opportunités et prévisions 2021-2026 », le marché mondial du thon a atteint une valeur de 39,3 milliards de dollars américains en 2020. Pour l’avenir, IMARC Group s’attend à ce que le marché atteigne une valeur de 47,7 milliards de dollars américains d’ici 2026. (https://bit.ly/3v4FvHX)

Voyez l’écart de prix à l’international et celui déclaré dans le protocole qui vient d’être signé. Ce sont des bateaux d’usines et ils ne vont pas faire le tri en lâchant le filet dans la mer. Aurons-nous accès à la traçabilité et informations sur les poissons capturés ? En quantité, en qualité et en variété ?

« Générer de nombreux avantages » vous dites ! Qui vivra, verra !

Jusqu’à maintenant, nous n’avons vu et eu aucune retombée positive : environnemental, économique et/ou social suite aux exploitations accordées par le Fanjakana aux exploitants.

F. Ntsoa

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