La Gazette de la grande ile

Pour bâtir une Nation : Faisons le choix le plus raisonnable possible

Publié le 26 juillet 2022

Ce qui s’est passé samedi est surprenant !

Les militants du TIM et du RMDM ont été interdits de meeting dans l’enceinte du Magro à Behoririka par des membres des forces de l’ordre. Ces derniers les ont amenés à contrevenir à la règlementation et faire un sitting dans la rue !

Le communiqué du MMM, d’Hajo Andrianainarivelo, montre son désaccord sur ces faits et rappelle « le droit fondamental à une manifestation pacifique des citoyens qui veulent interpeller leurs dirigeants sur les maux qu’ils doivent surmonter au quotidien ».

Madagascar serait-elle revenue au temps de la 2ème République, pendant laquelle seuls les 7 partis politiques (Arema, AKFM, MFM, Monima ka miviombio, le VITM, l’UDECMA KMTP, et le VS Monima) membres du FNDR (Front National pour la Défense de la Révolution) étaient autorisés.

Il ne s’agit pas cette fois de défendre la Révolution, mais de défendre Andry Rajoelina ! Et seuls les membres de la plateforme IRD (Isika Rehetra Miaraka amin’ny prezida Rajoelina) tout comme le Mapar, le TGV, le Freedom… seraient-ils autorisés à manifester ?

Concertations élargies

Devant l’ampleur des problèmes auxquels doit faire face la population, le FFKM estime que le gouvernement n’y arrivera pas tout seul. Il préconise des concertations élargies et commence ce jour à recevoir les différentes forces vives de la Nation.

Pour rappel, Rajoelina n’a pas assisté le 19 juin dernier au culte œcuménique d’Analamahitsy organisé par le FFKM lui préférant le concert d’adoration et de louanges. Il est vrai qu’il y avait été adoré et même proclamé Élu de Dieu par le charlatan Rija Rasolondraibe, ce qui n’avait aucune chance d’arriver avec le FFKM.

Selon certaines indiscrétions, Mamimbahoaka serait reçu ce jour par les évêques, à sa demande. Trop tard pour essayer de rattraper sa grosse bourde ?

Réflexions et refondation

Beaucoup de cercles de réflexion se tiennent dans divers salons de la capitale. Ils ont tous comme point commun, le besoin de refondation de la République. Madagascar en est actuellement à la 4ème République. Sans vouloir entrer dans les détails qui dépasseraient largement les limites de cet article, comparons quelques aspects des 4 constitutions que nous avons pu consulter sur le site https://cnlegis.gov.mg/ .

– Si la 1ère Constitution parle de « Peuple de Madagascar », la 2ème parle de Peuple Malgache, la 3ème et 4ème parle de Peuple Malagasy Souverain. Y aurait-il une subtile différence entre Peuple de Madagascar et peuple Malgache ou Malagasy (apparition de ce dernier mot pour la 1ère fois dans la 2èmeConstitution) ?

– Pour la 1ère première République, le malgache et le français sont les langues officielles. Aucune précision pour la 2ème République ! Pour la 3ème République, le malgache (curieusement, pas le malagasy) est la langue nationale (et non langue officielle). Pour la 4ème République, la langue nationale est le malagasy. Quelle subtilité entre langue officielle et langue nationale ?

– Les devises successives “Fahafahana, Tanindrazana, Fandrosoana”, “Tanindrazana, Tolom-piavotana, Fahafahana”, “Tanindrazana, Fahafahana, Fahamarinana » et “Fitiavana, Tanindrazana, Fandrosoana”. “Tanindrazana” est la seule constante. “Fahafahana” fait partie des devises de la 2ème et 3ème République. Et “Fandrosoana” pour la 1ère et 4ème République.

– Le principe de la 1ère République est “gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». La 2ème République est fondée sur le Fokonolona, la 3ème sur la démocratie et les collectivités décentralisées. Quant à la 4ème, elle est fondée sur la démocratie et le principe de l’État de droit.

Ces différences paraissent être des détails, mais cela ne montre-t-il pas que nous nous cherchons encore jusqu’ici et qu’il est grand temps d’affirmer enfin ce que sont vraiment les Malagasy ?

La Nation Malgache ou Malagasy

Actuellement, la langue nationale est le malagasy, alors que tous les sites publics, jusqu’à celui de la Présidence, sont en français. Doit-on qualifier le français de langue de communication ou autrement ? Et doit-on dire en français, Malgache ou Malagasy ?

Malgré les différences locales et régionales, la langue unit les Malagasy.

Et est-ce seulement le fruit du hasard qui a fait que Madagascar soit une île ?

La notion de “Nation” n’est apparue qu’à partir de la 2ème République, mais Madagascar est-elle maintenant une véritable Nation ? Il est permis d’émettre quelques doutes.

Pourquoi continue-t-on de parler de la règle non écrite : “Président Merina, premier ministre Côtier” ou vice versa ? Pourquoi entend-on encore parler de “cause côtière ?

N’est-il pas temps de chercher ensemble les bases qui feront enfin de nous Malagasy-Malgaches, une vraie Nation ? Même si les crises actuelles ne nous laissent que des marges étroites pour arriver à un choix raisonnable, essayons de faire le choix le plus raisonnable possible.

Malheureusement, l’histoire montre que la raison préside rarement aux choix collectifs à Madagascar. Mais que cela ne nous dissuade pas d’essayer !

La Gazette

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