La Gazette de la grande ile

L’art de la démission : Pas dans la culture malgache

Publié le 30 juillet 2022

«Il faut du courage et une bonne dose de détachement des choses futiles de la vie pour oser démissionner alors que nous sommes dans une situation encore confortable. » Chez nous, il est rare de voir des ministres ou une personne au pouvoir démissionner et c’est pour cela que nous parlons d’art. Cette culture, nous ne l’avons pas.

Personne dans les régimes qui se sont succédé n’ont eu le culot d’accepter leur défaite et de laisser la place à d’autres. Soixante-deux ans d’indépendance quand même ! La majorité des motifs de renoncement sont « forcés », suite à des affaires de corruption.

Citons quelques noms :

La ministre de la Défense de Madagascar, Cécile Manorohanta, a annoncé sa démission après la répression samedi d’une manifestation par la garde présidentielle durant laquelle 28 personnes ont été tuées, dans un communiqué diffusé lundi par la radio privée Radio Antsiva.

Premier ministre, Olivier Mahafaly Solonandrasana. «Je vais remettre ma démission au Président de la République aujourd’hui. En tant qu’homme d’Etat, je ne vais pas me présenter comme un obstacle à la vie de la nation » sur requête de la Justice.

Imbiky Herilaza, Ministre de la Justice, remet sa démission suite à un scandale de corruption impliquant un autre membre du gouvernement dans une affaire de pot-de -vin.

Pourtant, « ce qui fait la force d’une entreprise commerciale ou industrielle, c’est l’efficience de toute une chaîne de personnes motivées, depuis les agents d’exécution jusqu’au directeur général, en passant par les cadres et les chefs de service. C’est ce schéma qui fait défaut actuellement au niveau de la classe dirigeante et de l’administration de l’Etat. On ne construit pas l’avenir avec des personnes qui ne font qu’assurer l’intérim. Il faut en finir avec la république des intérimaires et le culte du temporaire. » Admettez votre incompétence, démissionnez en héros et laissez la place aux autres. Ce n’est pas parce que le fait de quitter par la grande porte, alors que nous sommes en pleine possession de nos moyens, n’est pas dans notre culture. Vous êtes tous des locataires !

On espérait qu’ils/elles allaient redresser la barre, mais nous déplorons l’inverse. Pourquoi les figurants ne sont-ils pas remerciés ? Il n’y a pas de « Tano ny azo fa sarotra ny mila ». Amor Abbassi (un ingénieur général) disait : « Lorsque le chef est un exemple de droiture et d’intégrité, les subalternes n’osent pas succomber à la corruption. »

F. Ntsoa

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