La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY

Publié le 30 juillet 2022

Les revenus des riches et la faillite du pouvoir

Pour  savoir la  relation perverse  entre l’origine des  revenus  des  riches à Madagascar et le  train de vie  somptueux des  rares personnes de la  haute  société, il suffit de reconnaître qu’on n’explique pas  autrement cette réalité  que par la  corruption galopante  et le  détournement massif des fonds  publics… Sans  que la population  puisse  réagir,  des  centaines  et  des  centaines  de milliards  d’Ariary de taxes  et  d’impôts quittent illégalement le pays  vers les paradis  fiscaux  sans  que ces masses d’argent faramineuses puissent servir  au  développement  de Madagascar. Le problème  de  ce pays depuis toujours  est le système en place et le  Chef  de l’Etat  (c’était lors de la 1ère, de la  seconde,  de la 3ème et de la  4ème  République). Au fil des régimes successifs, les systèmes mis  en place et les  présidents  étaient à l’origine des alternances pas  toujours constitutionnelles. Jusqu’ici selon les  analystes, les modes de gouvernement faisaient toujours apparaître,  selon les  analystes,  qu’«il y a  trop de pouvoir  aux mains d’une  seule personne … . »

« A qui la faute ? » C’est la  bonne  question à poser. Les observateurs trouvent que  c’est parce qu’ «il n’y pas  assez  de  contre-pouvoir face à l’exécutif et  au  sein des  autres  institutions.  Et  notre  source  ajoute  avec  beaucoup  de  conviction, «la Constitution  de la  4è  République n’est pas mauvaise en  soi, mais  elle n’a pas  été  appliquée suivant son  esprit à  cause  des  élites malintentionnées, voire de mauvaise  foi. A cela  s’ajoutent évidemment des lois  organiques censées les compléter(…)», mais qui servent plutôt  les intérêts égoïstes, cupides des courtisans affairistes et des profiteurs pilleurs  des biens  de l’Etat  Quel que  soit le pays, les  hommes sont les mêmes, seule la manière  avec laquelle on  utilise le pouvoir  varie. Pour ce  qui  nous  concerne, l’évasion fiscale à  grand  format que  pratiquent les  organisations mafieuses en accaparant les  retombées  des  richesses  exportées de manière illicite est à l’origine de  cet  appauvrissement. Ne prendre que les  retombées  de l’or et  des pierres précieuses qui ne  font  pas l’objet de taxes  d’impôts à l’exportation. Alors que déjà, à cause  du caractère clandestin  de ces  richesses non  renouvelables vendues au marché  noir n’entraînent pas  du  tout  des  rapatriements  de  devises. Aux dernières  nouvelles, le  commerce  de la  vanille  également n’est  guère  soumis au  régime des  taxes à l’exportation… Personne ne  réagit  dans le  sens  des intérêts  supérieurs  de la  nation.

Le Premier ministre  Christian  Ntsay  en  tête  et les responsables  gouvernementaux  ne soucient absolument pas de l’énorme trou financier que  représentent  de telles pratiques préjudiciables pour le  budget national  déjà malmené par les  magouilles  et les  ententes illicites sur les milliards  d’Ariary des mauvais contribuables. Est-ce que  vous  croyez que les  grandes mines  comme  Q.M.M  et le projet d’extraction du  nickel  d’Ambatovy et toutes  ses  exploitants miniers qui s’installent un peu partout  sont  en  règle  vis-à-vis  du  fisc ?  A cause des énormes compromissions  de l’ancien ministre     Ravokatra, les  services des impôts n’ont  aucune traçabilité  quant  aux  activités de ce vandalisme  autorisé à l’échelle d’une  nation. Comment voulez-vous  dans  ce  cas que l’Etat puisse  faire  face  aux problèmes  de la paupérisation  du pays ?  Il n’est donc pas  étonnant  que le régime soit confronté aux  difficultés  de  gestion financière à problème. A cela viennent s’ajouter les  conséquences  désastreuses  des subventions exceptionnelles,  des  détournements  de  deniers publics  par le  biais  des  octrois  de marchés consentis  dans  des conditions  répréhensibles par  nos lois, mais échappent  toujours  aux  filets  et sanctions  de la Justice..

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