La Gazette de la grande ile

Edito : On se trompe de  cibles

Publié le 03 août 2022

L’intention  de  l’Unicef et de l’Unesco est  tout  ce  qu’il y  des plus  louables à propos de  ce Forum National  de l’Education. Mais il se  trouve  que malgré la détermination  de vouloir mieux faire, ces  agences  des  Nations Unies tombent  dans les pièges d’une  forme  d’ingérence déplorable.   Elles ne sont  pas à l’abri de données erronées (nul n’est infaillible) sur les réalités ambiantes  liées aux objectifs  visés. Loin  d’aider les partenaires,  de  telles appréciations ne  feront  qu’aboutir à  beaucoup plus  de  complications à l’avenir. Bien  entendu  en possession  de  tous les  documents de  base  sur le pays  en matière  d’Education  Nationale,  ces organismes internationaux  sont loin  de saisir les problèmes existants  sur le  terrain  et  visiblement  ils se  fourvoient  dans  des interventions qui,  au  lieu  d’apporter  des  remèdes  au mal, ne  feront qu’aggraver la  situation.   Exemple irréfutable  de  ce genre d’erreur  grave : les  interventions de la  Banque Mondiale  et  du  PAM   à propos  de l’origine de la  famine dans l’Androy.

Des observateurs  crédibles affirment  dans le  Journal  La Croix La famine à Madagascar n’est pas due au changement climatique, (…) Une équipe de scientifiques contredit l’ONU, qui avait fait du réchauffement la principale cause de la sécheresse et de la famine frappant le sud de l’île. Un article de   Laetitia Bezain  confirme « Le réchauffement climatique n’est pas responsable de la famine qui frappe le sud de Madagascar, estime une étude publiée jeudi 2 décembre. Selon le World Weather Attribution (WWA), un réseau de scientifiques pionniers en matière de liens de causalité entre changement climatique et événements extrêmes, la pauvreté et la variabilité naturelle du climat en sont les principaux facteurs, même si le réchauffement a pu jouer un rôle minime. » Nos  sources  ajoutent « En juin, le Programme alimentaire mondial (PAM), sous l’égide de l’ONU, avait considéré que cette première famine était due au réchauffement climatique provoqué par les activités humaines. Une dimension sur laquelle insistent les autorités malgaches, qui peinent à contenir les effets de cette catastrophe. »

Or  l’étude  des  scientifiques pointe  comme responsables de cette famine dans l’Androy « une sécheresse liée au hasard des variations climatiques naturelles et à la vulnérabilité d’une des populations les plus pauvres du monde. » Il est  donc à craindre  qu’avec  de telles  considérations en matière politique  d’Education  Nationale  en  général  et  de personnel en particulier, les retombées  des 73% d’enseignants non  qualifiés  ne  représentent que la partie  visible  de ces icebergs tropicaux  des anomalies, des mauvaises pratiques  budgétaires et options de  complaisance pour la mise en place  des infrastructures. Dans plusieurs endroits on a plus besoin de personnel  enseignant que  de bâtiments  scolaires. Ailleurs, les parents d’élèves se retrouvent  avec des écoliers  à  qui  on  dispense  des  cours à l’ombre des manguiers, qu’il vente ou  qu’il pleuve. En haut lieu dans les  directions  du ministère  concerné, l’argent  de l’Eat  est  jeté par la  fenêtre pour financer  les milliards  d’Ariary  des factures  des  « bonbons  sucettes » et d’autres octrois  de marchés au profit  des partenaires corrupteurs…. Cerise sur le gâteau, voilà  que l’Unesco  et Unicef  s’impliquent  financièrement dans un forum coûteux avec l’agent  des  contribuables  des pays  amis, au lieu  de  crever l’abcès par  des interventions ciblées sur le  terrain. C’est  vraiment  taper à  côté  de la plaque.

Noël Razafilahy

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