La Gazette de la grande ile

Edito : Banquiers usuriers

Publié le 04 août 2022

Bon nombre de parents sont contraints de recourir aux prêts scolaires avec la rentrée des classes qui arrive à grands pas. « Avec la flambée générale des prix, on a du mal à joindre les deux bouts. D’ici quelques semaines, ce sera la rentrée scolaire et c’est de mal en pis. La seule solution qui s’ouvre à nous, ce sont les prêts scolaires », affirme Nivo qui scolarise deux enfants avec son mari. Les époux gagnent mensuellement un million d’ariary, ce qui est en dessus de la moyenne. Nivo affirme pourtant que depuis quelques mois, la famille galère. « Tout a augmenté même le loyer. Un enfant nous coûte dans les pas moins de 160 000 ariary (soit 320 000 ariary pour deux enfants) rien qu’en fournitures scolaires », dit Nivo. En effet, un cahier coûte entre 1 300 à 12 000 ariary la pièce, le stylo entre 800 à 3 000 ariary, le cartable à 20 000 ariary minimum… Une hausse de 20 à 50% est enregistrée par rapport à l’année dernière.

Viennent après les frais scolaires (inscription, frais généraux, tenues…) qui s’élèvent à 200 000 à 300 000 ariary par élève en moyenne. Bref, un élève coûte au moins 360 000 ariary. Pour Nivo et son époux, les dépenses pour la rentrée scolaire s’élèvent à 800 000 ariary. Dans les établissements publics, l’inscription peut dépasser les 50 000 ariary selon les établissements. Ce qui demeure élevé pour certains ménages.

Beaucoup de parents n’ont d’autre choix que faire des prêts bancaires pour faire face à cette dure période. Les clients se ruent auprès des institutions financières. A Sabotsy Namehana, c’est tous les jours une longue file d’attente auprès d’une banque qui propose jusqu’à quatre mois de salaire pour son prêt scolaire avec un taux d’intérêt de 20,95%. Malgré le fait que ce taux soit extrêmement élevé, la demande est trop importante que la banque a du mal à satisfaire ses clients.

Dans la conjoncture actuelle, les institutions financières devraient faire preuve de solidarité sociale au lieu d’abuser de la situation et faire de superbénéfices. Parce qu’avec un taux d’intérêt de plus de 20%, on parle carrément de taux d’usure, sans parler des pénalités en cas de retard de paiement. En outre, une collaboration entre les banques et l’Etat représenté par le ministère du Commerce et celui des Finances devrait avoir lieu. L’Etat doit subventionner les fournitures scolaires et exonérer de taxe à l’importation les fournitures scolaires pour alléger les charges des ménages déjà à genoux. Cela allègerait aussi le taux d’abandon scolaire.

 Annie N.

Lire aussi