La Gazette de la grande ile

Samifin : Zéro résultat pour les gros poissons

Publié le 05 août 2022

Après avoir signé le mois dernier une convention avec Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG), le service de renseignement financier (Samifin) vient de signer une autre avec le Bureau des Normes de Madagascar (BNM). En agissant de la sorte, cet organisme étatique budgétivore espère confier la réalisation de ses tâches à d’autres entités internationales et nationales. A travers ses rapports d’activités périodiques, le Samifin ignore tout simplement le cas des gros poissons ayant perpétré des flux financiers illicites, des blanchiments de capitaux, ainsi que des infractions économiques et financières. C’est ainsi qu’en septembre dernier, lors de la présentation desdits rapports pour l’année 2020, il avait déclaré avoir reçu 174 déclarations d’opérations suspectes (DOS) sans avoir précisé les noms des personnes impliquées, s’il s’agissait de gros poissons ou de simples contrevenants. Peut-être bien que par peur des hauts dirigeants susceptibles d’être impliqués dans des affaires louches, le Samifin va laisser à TI-MG et au BNM le soin de procéder à leur identification.

C’est ainsi que cet organe faisant partie du système anti-corruption (SAC) entend exercer ses fonctions. Il est loin d’être à la hauteur pour chasser les gros poissons. Pourtant, les tâches qu’il est censé accomplir sont d’une certaine envergure en ce qui concerne les opérations de change, le non-rapatriement de devises, les exportations illicites et fraudes fiscales. A travers les DOS, les personnes concernées pourraient bien être de nationalités différentes et occuper diverses fonctions dans le pays et le Samifin ne peut rien y faire. Et même pour l’agence de recouvrement des avoirs illicites (Arai) qui lui est rattaché, son inefficacité est déjà prévue. Jusqu’à maintenant, son Directeur Général installé depuis le mois de juin, ne dispose toujours pas d’un seul bureau pour travailler. Actuellement, pour essayer d’être plus actif, le Samifin dirigé par Mamitiana Rajaonarison opte pour la mise en œuvre de ladite norme ISO 37001 et ISO 27001 pour un management anti-corruption et la sécurisation des informations, ce qui n’est que parole en l’air.

Randria M

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