La Gazette de la grande ile

Gargotes de quartier : Dépotoir de viande avariée

Publié le 08 août 2022

La consommation de viande par la population tananarivienne a diminué d’environ 40% selon les bouchers et les abattoirs. Une enquête officielle n’a pas encore déterminé les chiffres exacts, mais cette estimation est faite à partir de la réduction de la quantité de viandes vendues quotidiennement. De ce fait, beaucoup de viandes pourrissent sur place et sont récupérées par les gargotes des quartiers.

La population tananarivienne consomme généralement quatre types de viandes au quotidien. La viande de zébu, de porc, de poulet et de mouton. La viande d’oie, de dinde et de canard est réservée pour les périodes festives. Le prix du kilo de la viande a légèrement augmenté depuis l’augmentation du prix du carburant le 11 juillet dernier. Le kilo de la viande de zébu est passé de 14 à 15.000ar, celui de la viande de porc de 15 à 17.000ar et le poulet de 12 à 13.000ar. Des augmentations qui tournent autour de 5%, mais qui sont devenues inaccessibles à la population à cause de l’inflation généralisée de tous les produits sur le marché.

En effet, 1.000ar de différence semble insignifiant. Mais si l’on prend en compte l’augmentation du tarif de transport, du prix de l’huile, du riz, du charbon, du sucre, du sel, du savon, des fruits et légumes, ces 1.000ar de différence sur le prix du kilo de la viande sont énormes pour la population. Une augmentation qui a grandement réduit la consommation. D’après les bouchers, ils vendent en moyenne 60 kilos de viande de moins qu’auparavant. Un énorme écart qui les oblige à stocker de la viande et qui fait que beaucoup pourrissent. Effectivement, rares sont les boucheries qui possèdent une chambre froide ou un autre moyen efficace de stocker de la viande. La plupart utilisent des réfrigérateurs et d’autres les stockent juste dans une chambre à température ambiante.

Les viandes qui commencent à pourrir sont transformées en saucisse ou vendues à rabais aux restaurateurs du quartier qui paient par tranche.

Habitués à consommer de la nourriture très pauvre en nutriment, les Malgaches sont également obligés de réduire la consommation de viande à cause de l’inflation. Les fruits et légumes frais et la viande de bonne qualité sont réservés à une poignée de privilégiés qui profitent de la pauvreté grandissante de la population et peuvent se permettre d’acheter très cher.

T. Berado

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