La Gazette de la grande ile

Exode rural : Résultat de la pauvreté

Publié le 10 août 2022

L’exode rural désigne dans le langage courant le départ massif de populations rurales à destination des villes, motivé par la recherche d’un travail ou de meilleures conditions de vie. (https://bit.ly/3SB9h14). C’est le pouvoir d’attraction de la ville sur les populations rurales comme une lueur d’espoir, pourtant, c’est une grande défaite pour eux. Ce phénomène est de plus en plus important dans les pays en développement comme Madagascar. C’est un facteur déterminant de la pauvreté du pays.
« La pauvreté dans les pays en développement est caractérisée par la pauvreté des milieux ruraux. Leur population est constituée en majorité de gens pauvres. Mais depuis quelques décennies, cette pauvreté en milieux ruraux s’est propagée en ville par le biais de l’exode rural » (FIDA, 2002). Les principaux migrants viennent du Sud (dit immigrés climatiques) de la Grande Ile pour s’installer dans d’autres zones côtières et dans la capitale.
Les principales causes que nous pouvons citer :
  • La dégradation des activités agricoles suite au manque de pluie et le changement climatique.
  • L’insécurité grandissante multipliée avec les massacres.
  • La précarité foncière, car les zones fertiles appartiennent aux plus fortunés, entraînant ainsi une insécurité alimentaire.
  • Le kere (la faim). Bien évidemment, s’il n’y a pas de production agricole, il n’y a rien à manger.
  • La non-maîtrise des flux migratoires avec l’inexistence de politique publique adaptée.
Par conséquent, nombreux sont ceux qui ont vendu leurs terres, meubles et autres en échange d’un peu de liquidité pour voyager et aller en ville. Ceux qui arrivent à Antananarivo rejoignent les rangs des sans-abris dans les quartiers populaires entraînant une explosion démographique. Ceux qui vont dans les provinces, contribuent à la dégradation de l’environnement par la pratique de la culture sur-brûlis.
Par exemple, depuis quelques années maintenant, l’Aire protégée Menabe Antimena à Morondava subit de plein fouet les répercussions des actions des « migrants ». Sur les 210 000 ha de la superficie totale dont 44 000 ha de noyau dur, 100 000 ha sont déjà partis en fumée en 2015. En effet, ils se réfugient dans les forêts pour cultiver du maïs et des arachides qu’ils espèrent revendre à de grandes entreprises sans aucune éthique.
La naissance des bidonvilles un peu partout dans les villes pèse sur les services publics ainsi que la croissance économique, car la majorité des activités sont informelles.
Cette histoire ne date pas d’aujourd’hui et une prise de mesure de l’Etat est attendue pour pallier ce problème. L’inaction tue, non seulement nos ressources naturelles (faune et flore compris) mais également nos concitoyens.
F. Ntsoa

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