La Gazette de la grande ile

Dialogue entre L’Union Européenne et Madagascar : Processus au service de la démocratie

Publié le 10 août 2022

Le Dialogue politique entre L’Union Européenne et Madagascar, prévu dans l’article 8 de l’accord de Cotonou a pour objectif : « d’échanger des informations, d’encourager la compréhension mutuelle ainsi que de faciliter la définition de priorités et de principes communs ». Bref un Dialogue , exemple de processus au service de la démocratie.
Le 8 août 2022 dernier, lors du 10eme dialogue politique entre les Autorités Malagasy et les représentants de l’Union Européenne, Le Président mamimbahoaka,  Monsieur Andry Rajoelina  a déclaré que « Madagascar n’est pas un pays en crise », « Madagascar a besoin de stabilité pour avancer sereinement, pour se relever du choc des récentes crises. C’est uniquement en privilégiant un climat social apaisé et solidaire que nous pourrons libérer le plein potentiel de Madagascar et le conduire sur la voie de la prospérité ». Quelles sont les réalités sur le terrain? Madagascar a un taux de pauvreté parmi les plus élevés au monde; plus de 80% de Malagasy sont dans la pauvreté maintenant. En plus avec la dégradation de la confiance envers les autorités publiques, la violence est devenue structurelle  et faisant partie de la vie quotidienne de la majorité. Notre société montre une violence ouverte combinée à l’anarchisme de la population due à la faiblesse de confiance au gouvernement inefficace et inefficient et à la détérioration de sa légitimité résultant de sa mauvaise gouvernance économique avec beaucoup d’impunités. Où est l’Etat de droit? Le respect des droits est victime de la politique pratiquée deux poids et deux mesures. Cette situation a induit une situation politique délétère. C’est très loin d’ un climat social apaisé et solidaire. Ces belles déclarations de Monsieur le Président mamimbahoaka, devant nos partenaires européens, devraient être traduites en action concrète crédible pour libérer le plein potentiel de Madagascar comme il a dit. Le dialogue est un processus démocratique nécessaire, crise ou pas.
Certes, nous vivons dans un système de  multipartisme, donc il induit à la compétition pour l’accès au pouvoir politique. Mais dans la situation de fragilité politique, sociale et économique   que Madagascar  a traversé au cours de ces dernières années et qu’il continue de traverser actuellement , ce multipartisme devrait consister également à rechercher des solutions partagées, dans l’intérêt du pays et de la majorité des Malagasy. Notre système juridique , politique et économique est fragile et source de conflits sociaux et politiques alors que des réformes essentielles sont indispensables dans le cadre de la dynamique de transformation mondiale actuelle. Ne serait-il pas dans cette situation fragile que le dialogue entre partis politiques s’avère incontournable pour éviter la politique à somme nulle pratiquée jusqu’à maintenant ou pour éviter le dialogue des sourds alors que des réformes sont pourtant nécessaires?
Notre processus démocratique devrait reposer sur deux piliers d’importance égale : la compétition politique et la coopération politique. Tous nos politiciens reconnaissent que les partis et organisations politiques, en tant qu’espaces principaux de cristallisation des attentes des Malagasy , en tant que médiateurs entre les Malagasy et l’État et en tant que principaux acteurs du jeu démocratique, doivent être à la fois en mesure de prendre part à la compétition et à la coopération. La coopération politique entre les partis est tout aussi indispensable à la santé d’une démocratie que les objectifs politiques poursuivis par chacun d’entre eux. La coopération entre les partis politiques est tout aussi indispensable pour garantir l’enracinement profond de la démocratie, au-delà de la compétition électorale.
Privilégier un climat social apaisé veut dire encourager de meilleures relations et donc un climat plus serein.  Seule la  réinstauration d’ un climat de confiance et de respect entre les acteurs de développement surtout entre nos « politiciens » contribuerait à un climat social apaisé. Un dialogue participatif et efficace entre partis politiques devrait être l’un des éléments essentiels d’un système politique démocratique. Les conflits, les querelles et les rapports polarisés entre les partis politiques au pouvoir et ceux en dehors du pouvoir  ne peuvent que bloquer le développement du pays. À l’inverse, un niveau même minimal de confiance et de coopération entre les partis politiques peut ouvrir la voie à la paix, à la stabilité et à un développement durable. Pour le bien de la majorité des Malagasy, l’heure ne serait-elle pas maintenant de construire de meilleures relations et donc un climat plus serein? Il serait temps de  réinstaurer un climat de confiance et de respect entre les acteurs de développement surtout entre les leaders politiques.
L’instauration d’ espace plus dynamique de dialogue entre acteurs politiques permettrait d’instaurer la confiance et de faire naître une volonté politique de changement, deux éléments indispensables au futur de notre Cher “Tanindrazana”, au futur de notre démocratie. Il ne faut pas oublier que nous nous sommes engagés sur la voie de la démocratie depuis quatre décennies. Pour   les prochains mois nous serons amenés à prendre des décisions difficiles. La future légitimité de tous les politiciens y compris Monsieur le Président mamimbahoaka, aux yeux des Malagasy dépendront de leur capacité à se mobiliser pour le bien de tous. A moins qu’une autre vision contraire à la démocratie est en train de se dessiner!
Wait and see
Zaza R.

Lire aussi