La Gazette de la grande ile

GUERRE UKRAINE-RUSSIE : Menace des Etats-Unis aux pays africains

Publié le 11 août 2022

L’ambassadrice américaine aux Nations-Unies, Linda Thomas-Greenfield lors de sa tournée africaine,  a récemment déclaré « Si un pays décide de traiter avec la Russie alors qu’il existe des sanctions, il enfreint ces sanctions (…) La déclaration est un véritable ultimatum à l’endroit de tout pays  qui  serait tenté  de se positionner  favorablement pour la Russie. Les pays africains sont libres d’acheter des céréales à la Russie, mais pourraient faire face à des conséquences s’ils échangent des produits sanctionnés par les États-Unis tels que le pétrole russe. Cette  diplomate se trouvait en Ouganda dans le cadre d’une tournée africaine,  qui intervient alors que le continent subit actuellement une forte inflation due au conflit en Ukraine, un pays que les Africains découvrent depuis l’invasion russe.   Selon  un  article de Noël  Ndong « Elle a  profité  de  cette  tournée pour annoncer une aide américaine de 20 millions de dollars supplémentaires à l’Ouganda,  en vue d’accroître ses investissements et  fertiliser ses céréales pour faire face aux futures crises. Cette aide est accompagnée d’une mise en garde à l’encontre des pays qui décideraient d’acheter des produits russes qui font l’objet de sanctions américaines.  La même  source révèle  que  l’ambassadrice a précisé « Si un pays décide de traiter avec la Russie alors qu’il existe des sanctions, il enfreint ces sanctions. Il enfreint nos sanctions et, dans certains cas, il enfreint les sanctions de l’ONU avec d’autres pays. Et nous conseillons aux pays de ne pas enfreindre ces sanctions, car s’ils le font, ils risquent de faire l’objet de mesures à leur encontre pour avoir enfreint ces sanctions, a martelé l’ambassadrice.
Par  ailleurs, d’après toujours la source médiatique « Washington assure que ces visites en Afrique ne s’inscrivent pas dans le cadre d’une lutte d’influence avec Moscou. Avant d’entamer sa visite africaine, Linda Thomas-Greenfield parlait d’une « tournée d’écoute » qui vise à « trouver des solutions, et non blâmer ». Elle a fait savoir aux pays africains qu’« il y avait des lignes rouges qu’ils ne devaient pas franchir : « Les pays peuvent acheter des produits agricoles russes, y compris des engrais et du blé. Mais si un pays décide de s’engager avec la Russie, où il y a des sanctions, alors il enfreint ces sanctions. Nous avertissons les pays de ne pas enfreindre ces sanctions, car alors … ils ont la possibilité que des mesures soient prises contre eux ». A noter  qu’à Kampala, la capitale ougandaise, Linda Thomas-Greenfield s’est entretenue avec le président Yoweri Museveni, un allié américain qui n’a pas critiqué l’invasion de l’Ukraine par la Russie et a exprimé sa sympathie pour Moscou. L’Ouganda est la première étape d’une tournée africaine qui comprendra également le Ghana et le Cap-Vert. Une visite qui intervient après celle  du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Il a rejeté les accusations selon lesquelles l’invasion de l’Ukraine par la Russie était la seule responsable de la dangereuse crise alimentaire mondiale actuelle, imputant les pénuries alimentaires sur le marché à « la réaction absolument inadéquate de l’Occident, qui a annoncé des sanctions ». L’Ukraine et la Russie sont les deux principaux fournisseurs mondiaux de blé, d’orge, de maïs et d’huile de tournesol.  Or, pour Thomas-Greenfield, les sanctions imposées par Washington ne sont pas responsables de la hausse des prix alimentaires en Afrique, ajoutant que les États-Unis cherchent à renforcer les partenariats existants dans des pays africains, en prenant en compte « des intérêts mutuels ». Fin avril, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen,  demandait de « punir les pays africains qui se sont abstenus ou ont voté contre la résolution présentée à l’ONU », visant à sanctionner la Russie pour avoir envahi l’Ukraine. Européens et Américains n’avaient pas apprécié que 27 pays du continent  (Madagascar  compris) n’apportent pas leur voix à l’Occident. Elle avait demandé de ne plus verser les aides au développement aux pays récalcitrants et de basculer les fonds vers les caisses de l’Union africaine.
La Gazette

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