La Gazette de la grande ile

Andry Rajoelina : Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents,  et dans sa maison (Marc 6 :1-6)

Publié le 13 août 2022

Notre président bien-aimé a donc reçu hier le trophée « Champion 2019 de l’industrialisation » IDDA III décerné par l’ONUDI.

Il avait déjà reçu le titre de « Champion pour le combat contre la malnutrition » attribué par la Banque Africaine de développement, lors du 33ème sommet des chefs d’État de l’Union Africaine. Il avait alors prononcé une phrase devenue historique, qu’aucun chef d’État n’a osé dire depuis 60 ans, « La malnutrition n’est pas un privilège mais un droit fondamental » !

Le peuple malagasy devrait être fier de son président, mais il est aveugle. Et « il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ». Cette phrase, même si elle ne figure pas dans la Bible, aurait été prononcée par Jésus pour qualifier ceux refusant de l’accepter comme fils de Dieu, malgré les miracles qu’il avait accomplis devant eux ».

Ce peuple ingrat refuse obstinément de voir les réalisations telles que Gasycar, l’usine d’éthanol d’Ambilobe, la renaissance de Kraoma, d’Air Madagascar en Madagascar Airlines, de la Secren, les nombreuses entreprises malagasy de BTP non encore payées par le FER.

Et ce peuple ne veut pas voir le futur Miami, Tanamasoandro 2, le téléphérique !

Mamimbahoaka désespère de ce peuple, à qui il est impossible de faire entendre raison car il s’y refuse. Il ne comprend pas ce FFKM qui demande encore des concertations élargies. Pourtant, il a déjà donné des 4 X 4 à l’ECAR et au FLM !

On ne devrait même pas parler d’élection en 2023. Afin que Mamimbahoaka puisse finir d’accomplir son « œuvre », un plébiscite devrait automatiquement prolonger sa présidence éclairée d’un mandat supplémentaire. Et plus, si affinités !

Le monde entier, hormis Madagascar, vante les mérites de Mamimbahoaka. Madagascar ne le mérite pas. Il se verrait bien à la tête d’un grand pays ou de l’Union Européenne, ou pourquoi pas SG de l’ONU.

« Madagascar n’est pas un pays en crise »

Telle était la déclaration du Président de la République dans son discours lors du 10ème dialogue politique avec l’Union Européenne. C’est à se demander de quel Madagascar il parle !

5ème pays le plus pauvre de la planète pour un pays qui n’a pas connu de guerre !

Selon la Banque Mondiale, le taux de pauvreté a atteint le nouveau record de 81% (avec le seuil de pauvreté international de 1,90 $/habitant/jour, soit environ 8 000 ariary). Ce seuil vient d’être relevé à 2,15 $ soit environ 9 000 ariary et augmente mécaniquement ce taux de pauvreté.

Une personne vivant au niveau du salaire minimum d’embauche fait donc partie des pauvres extrêmes, même après la dernière augmentation à 250 000 ariary soit 8 333 ariary par jour.

Si l’on se réfère aux résultats du dernier recensement (RGPH3), 71,5% de la population sont classées pauvres matériellement (mesure du bien-être économique dont l’habitation, la possession de biens d’équipement et de cheptel).

74,2% de la population sont pauvres multi-dimensionnellement (privés de santé, d’éducation et matériellement pauvres).

Si ces statistiques peuvent paraître difficiles à appréhender, que penser de ces employés de la Secren obligés de faire la manche, ou de ces employés de Kraoma à qui on a empêché de vendre les ferrailles qu’ils ont ramassées, pour faire survivre leur famille.

Mercredi dernier, une longue file d’attente s’est formée dès 3 h du matin près du CEG d’Antanimena pour essayer d’acheter le quota de 5 kg  de vary tsinjo par ménage à 1 500 ariary le kilo. Le Chef de l’Etat ne pouvait évidemment pas les voir, car il était dans l’avion à destination de Paris.

Le petit Timonier n’entend-il toujours pas les cris de détresse de cette population, comme de chats qui miaulent « Omeo, Omeo ». Mais il n’entend pas du tout écouter son peuple.

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre.

Vaccination et tests covid

Combien de fois la société civile, les ONG, les médecins avaient-ils vainement tiré la sonnette d’alarme sur la nécessité d’accélérer la vaccination covid ? Il a fallu l’insistance de la DG du FMI et du Président de la Banque Mondiale. Le Président mamimbahoaka les a écoutés, et avait alors immédiatement organisé un conseil des ministres, par vidéo-conférence à partir de Washington, pour démarrer enfin la campagne de vaccination.

Concernant les tests Covid, les opérateurs touristiques avaient réclamé depuis longtemps la suppression des tests covid pour les vaccinés, ainsi que les confinements, à l’instar des pays voisins comme Maurice.

Le Président de la République avait en début de semaine annoncé la suppression du test antigénique à l’arrivée. L’Union européenne avait demandé la réciprocité en matière d’équivalence des certificats de vaccination covid. Le Chef de l’Etat a fini par les écouter, et a organisé un conseil des ministres par vidéo conférence (une fois de plus) abolissant l’obligation d’un test PCR avant l’embarquement (Donc, même pas de tests antigéniques à l’arrivée pour les personnes non vaccinées !). Une décision à la vitesse d’une tortue, qui n’arrive qu’à la fin de la haute saison touristique.

Cependant, mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ?

Un processus électoral inclusif, consensuel et transparent

L’Union européenne a mis l’accent sur l’importance d’un processus électoral inclusif, consensuel et transparent. Traduction : le processus mis en place actuel ne l’est pas, car les recommandations émises dans le rapport final de la mission d’observation électorale n’ont pas été mises en œuvre, comme l’a constaté la dernière mission indépendante de suivi électoral de mai 2022.

C’est d’ailleurs l’objet des demandes de l’opposition que rejette actuellement le pouvoir.

Est-il acceptable qu’aucune réunion de nature politique ne puisse être tenue comme l’a affirmé le préfet d’Antsira­nana, interdisant l’accès de Magro aux partisans de Ra8 ?

Il est probable que le financement de la prochaine campagne électorale ne pourra pas être assuré par la communauté internationale, tant que certaines conditions minimales ne seront pas satisfaites. Le Trésor malgache n’a pas les moyens de la financer tout seul.

Et le petit Timonier finira sans doute par baisser son froc, car c’est le seul moyen d’éviter une nouvelle crise politique qui pointe son nez. Le FFKM l’a très bien compris et c’est pour éviter une telle crise qu’il veut jouer l’arbitre en demandant des concertations élargies. « Les Églises au secours des régimes », faisait hier la Une de la Gazette.

Mamimbahoaka saura-t-il saisir cette perche ? Peut-être lors d’un 3ème conseil des ministres par vidéoconférence dirigée de l’étranger ?

Jamais 2 sans 3, selon un bon vieux dicton !

La Gazette

Lire aussi