La Gazette de la grande ile

Tuerie d’Ikongo : Sauve qui peut ! Chacun pour soi

Publié le 07 septembre 2022

Le garde des « sots » Rakotozafy François a tenu à faire une mise au point concernant la tuerie d’Ikongo lors de la levée du drapeau.

Selon lui, le manque de confiance ou plutôt la défiance de la population envers la justice n’est nullement à l’origine de la tuerie d’Ikongo. Et pour preuves, il avance que le dossier des 4 individus soupçonnés d’avoir kidnappé un enfant albinos et tué sa mère, et réclamés par la foule en colère, n’a pas encore été remis entre les mains de la justice. Et que ce dossier est encore en cours d’enquête.

En d’autres termes, ce serait uniquement la faute des seuls gendarmes qui ont tiré. La Justice n’y est pour rien.

Quelle mauvaise foi manifeste ! Certes, ce ministre a raison dans la forme, car les manifestants ne s’en étaient pas pris aux magistrats d’Ikongo, mais aux gendarmes qui détenaient les 4 suspects.

Dans le fond, s’il arrive quelquefois à ce ministre de réfléchir un peu, il sait très bien pourquoi ces manifestants réclamaient ces suspects. Ils ne croient plus, par expérience, que la justice infligera des peines « adéquates ».

« Régime Rajoelina et justice, Zéro confiance de la population », était la UNE de la Gazette du 1er septembre http://www.lagazette-dgi.com/?p=81563 . La Gazette se demandait « si la tuerie d’Ikongo va enfin interpeller la justice et les magistrats qui sont dans les hautes sphères et dont certains font honte à la magistrature. Si ce massacre va enfin éveiller les consciences des magistrats ».

Hélas ! Espoir déçu ! Cette tuerie ne semble nullement toucher ce ministre de la justice. Et même pas l’élégance d’un soupçon de solidarité gouvernementale !

Madagascar, prends garde, ta justice fout le camp

C’était la UNE de la Gazette du 31 août 2022 http://www.lagazette-dgi.com/?p=81480 .

Nous renvoyons le ministre de la Justice au paragraphe de cet article “Pourquoi autant de vindictes populaires ces dernières années ?”. Cet article se concluait par “La population n’a plus confiance en la Justice de son pays, car comme pour les poissons, elle est pourrie par la tête”.

La Gazette avait eu la délicatesse de ne pas parler d’un des actes indignes d’un ministre de la Justice : Avoir fait mettre en garde à vue un agent de Madagascar Airlines pour avoir suivi les instructions du commandant de bord de débarquer un certain nombre de bagages pour alléger l’avion. Pour le malheur de cet agent, un ou des bagages du passager Rakotozafy François figuraient parmi les bagages débarqués. Comme diraient les jeunes actuels, concernant les comportements de nos dirigeants « I Kotazafy ihany no Alexis » (Tous les mêmes, Blanc bonnet et bonnet blanc).

Les dina

La loi du Talion « œil pour œil, dent pour dent » traduit la réciprocité entre le crime commis et la peine reçue. Après ces JMJ, référons-nous un peu à la Bible.

Dans l’ancien testament Exode 21 : 23-25 “Mais s’il s’ensuit un dommage, tu feras payer vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, contusion pour contusion”.

Certes dans le Nouveau Testament Mathieu 5 : 38-42 Jésus disait ” Vous avez appris qu’il a été dit: Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien! moi je vous dis de ne pas riposter au méchant; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos!”.

Mais il a également dit au mont des Oliviers, “Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée”.

Loin de la Gazette l’idée de prêcher à la place des religieux, mais l’expérience des “Dahalos miova fo (dahalos repentis)” ne semble pas avoir été concluante!

Les Dina (dina menavozo, dinan’ny Mpihary, Dinabe..) ne relèvent-ils pas de la même philosophie prônée par l’Ancien Testament, faute d’une justice équitable?

En tout cas, en mars 2019, l’ex-ministre de la Justice, Jacques Randrianasolo concédait, par honnêteté, que “les Dina participe au titre d’une résurgence du manque de confiance du peuple envers l’appareil judiciaire” http://www.lagazette-dgi.com/?p=26257 .

Comme le gouvernement ne semble pas décidé à prendre les taureaux par les cornes pour la réhabilitation du système judiciaire, revenir aux Dina serait peut-être une solution de transition.

Tout comme les PTF qui n’ont aucune confiance aux Institutions (CENI et HCC) devant juger les élections présidentielles.

Pourtant, tout près de chez nous, au Kenya, la Cour Suprême vient de confirmer la victoire du vice-président sortant : les deux camps en lice avaient promis de respecter la décision de cette juridiction connue pour son Indépendance. Là est le mot-clé !

Au Kenya, les 7 juges de la Cour Suprême sont nommés par le président de la République, mais ce dernier n’a pas le pouvoir de choisir. Les noms de candidats sont soumis à la présidence par la magistrature, à la suite d’un processus de candidatures libres, puis de sélection via des auditions publiques retransmises à la télévision.

Il n’y a aucune honte à copier une telle procédure et même peut-être faire participer des experts étrangers pour la sélection.

La Gazette

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