La Gazette de la grande ile

Des partis pour rire

Publié le 23 septembre 2022

Chacun y  va  avec  son couplet constitutionnel  et  son  refrain patriotique, il n’y  a que  les morts  célèbres qui  se taisent. Feu  l’Amiral  Didier Ratsiraka  que personne  n’ose pas  réveiller même si dans  sa  dernière  volonté télévisée, il  a  demandé  exprès en personne  qu’on le  fasse. Feu Dada Monja à cause de  cette cacophonie  des  discours démagogiques  des  grandes gueules de la politique politicienne qui parlent à  tort et à travers alors  que l’Androy  a  faim de produits  alimentaires et  soif d’eau potable, et  surtout  de  justice sociale. Feu le Pr .Albert Zafy doit  sûrement  se retourner  dans sa tombe  en  écoutant  délirer tous ces prétentieux  qui se prennent pour les apôtres du «hetahetam-bahoaka» (les aspirations du peuple). Feu le Pasteur  Richard Andriamanjato ne sait plus  quoi dire face à tous  ces prêcheurs bien  sapés (costume cravate) qui  roulent en  voiture  4X4 V8, et ne  résistent pas à la  tentation des recettes des cultes parce qu’ils refusent de rendre à César ce qui ne leur appartient pas.

Telles sont les tristes réalités  qui  entourent  cette intention  combien louable, mais malheureusement  falsifiées par les objectifs  tactiques hautement  égoïstes  et  intéressés  de  ceux  qui ne  rêvaient  que de  fauteuils institutionnels pour  caler bien  confortablement leur derrière d’ambitieux  avec les privilèges  étatiques  qui  vont  avec.

De tout côté, on  n‘entend plus que  çà : « concertation, concertation…» Comme  s’il s’agissait  d’une  formule magique, l’idée  de se réunir  autour de l’idée de trouver un consensus. L’objectif final  non  avoué  est de placer  des  «cons en  sus»  originaires d’une  société civile obsédée  de parcelle de  pouvoir  en  vue « s’enrichir de façon  rapide  et  si possible de manière  durable »  aux  frais  de la princesse et en puisant par l’illicite  dans les budgets  de l’Etat. La période  qui a permis  l’installation  des arcanes de la  Transition post-2009 est un  exemple  très  criant  de ces institutions  factices. Parce qu’après la débâcle du  régime du parti  T.I.M de Marc  Ravalomanana,  premier  vrai putschiste dictateur de l’an 2000, la politique comme la nature  a  horreur  du  vide, le Congrès  de la Transition (C.T) et  le  Conseil  Supérieur de la  Transition  (C.S.T) en  réalité n’ont qu’à meubler  et  remplir les poches et les  comptes  en  banque de  tout  ce que notre île comptait d’acteurs politiques sur la scène  nationale d’un nouvel ordre qui  s’installe.

N’importe qui pouvait prétendre diriger  n’importe  quel groupuscule  composé  de  trois  tondus  et  deux pelés pour  avoir  droit  au  titre chef de partis politiques pour rire (mampihomehy) selon les blagues en  vogue à l’époque.  Et  vogue la  galère ! Le pays  tout  entier  vivait  alors sous un régime où  se mêlait  l’exercice des prérogatives  étatiques faussement républicaines   et les  confusions de pratiques  administratives.  Le  climat politique  en  général était  tel que la communauté internationale avait  refusé à  juste titre d’accorder  aux  dirigeants «le certificat  d’ un Etat politiquement  correct »  jusqu’à l’inauguration  d’un ordre institutionnel  d’une  4ème  en 2014. Comble  de malheur, cette  république mal partie  avec à la présidence  un  Hery  Rajaonarimampianina  qui  a mal  fini après un mandat inachevé.

Noël Razafilahy

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