La Gazette de la grande ile

Est-on en train de s’habituer au pire ?

Publié le 24 septembre 2022

Entendre et apprendre qu’il y a eu vol d’ossements humains est devenu quelque chose de classique malheureusement. Classique parce que depuis que ces vols d’ossements ont commencé, nous entendons toujours la même rengaine que les enquêtes sont en cours et nous constatons chaque fois que ça ne donne rien, et même si d’aventure les forces de l’ordre arrivent à mettre la main sur les « voleurs », jamais elles ne sont arrivées à la tête de ceux qui commandent, car s’il y a autant de vols d’ossements humains, c’est certainement qu’il y a des preneurs, qu’il y a des personnes qui passent commande. Et comme les résultats des enquêtes ne sont pas portés à la connaissance du public, c’est devenu quelque chose de malheureusement ordinaire. On s’en émeut quand ça nous arrivait, mais quand ça arrive aux autres, on s’exclame une fois et on passe à autre chose malheureusement. Aujourd’hui est venu s’ajouter au vol d’ossements humains les vols d’yeux, enlever les yeux d’un enfant. Aucune émotion de la part du pouvoir public, pas d’action concrète si ce n’est le classique « les enquêtes sont en cours » qui ressemble plus à des déclarations d’intention, mais pas des actions. Les festivités des autorités continuent, les déplacements de toute une délégation qui coûtent cher aux contribuables, mais qui ne dérangent pas les dirigeants. Même pas de compassion, car après tout, ils ne sont pas hypocrites. Que vont-ils faire des yeux, des ossements ? Les autorités sont si promptes à arrêter des gens derrière leurs écrans, elles sont si promptes à servir pour des menus fretins, mais qui concernent leur petite personne, mais elles sont très lentes à agir et à boucler leurs enquêtes quand il s’agit de la population. À croire que les autorités souhaitent que la population s’habitue au pire et considère ces actes immondes comme quelque chose d’ordinaire. Et avec cela les autorités agrémentent toujours leurs discours de «  fihavanana », « soatoavina malagasy », « fanahy maha olona »… alors que les crimes prospèrent. Finalement, chez nous, le pire n’est jamais certain.

La Rédaction

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