La Gazette de la grande ile

CRHONIQUE DE N. RAZAFILAHY

Publié le 26 septembre 2022

Le pouvoir et la bourgeoisie stalinienne

Pendant que la gendarmerie et un député  soupçonné de « parler menteur » se délectent dans un échange de mots qui fâchent sans réel plaisir, les préoccupations du public sont ailleurs. Il est de notoriété publique consacré par la sagesse populaire, selon l’éminent François Mauriac que « Là où il n’y a pas de gendarmes, une certaine race d’honnêtes gens est capable de tout ». Donc, de là  souhaiter l’élimination de tout un  corps de fonctionnaires  d’élites  du paysage institutionnel  national,  c’est  vraiment  faire preuve d’une cécité intellectuelle. Le vieil adage est toujours vrai : « la peur du gendarme est le début de la sagesse, encore faut-il qu’on le voie, ce gendarme. » Après le général Serge Gelle, un autre général a cru bon de prouver le constat d’Edmond Dune qui  dit  que « Les gendarmes vont toujours par deux … »

A l’heure actuelle, la population est troublée par les agissements de tous ces hommes qui prétendent faire de la politique, alors qu’ils ne pensent qu’à se servir des jeux du pouvoir pour mieux profiter des privilèges  et des biens publics, plus précisément des masses financières à la disposition de l’Etat. Du vivant du Pasteur Richard Andriamanjato, les hommes intègres comme lui étaient traités de purs  et  durs de la  cause  sociale par une bourgeoisie avide de confort et de jouissance illégitime des intérêts supérieurs de la  nation.  Toujours à l’affût des ententes  et  des  combines,  elle a traversé tous les  régimes rien qu’en changeant  de  couleur. Après la casaque rouge de la Révolution  Socialiste, elle a profité  du  ciel  bleu  d’un parti  TIM  avant d’adopter le maillot orange  d’une révolution orange.  Avec  tous les  bénéfices de  tous les trafics  en  tous  genres ( de l’or,  des produits des richesses minières, des exportations  illicites des bois précieux). La bourgeoise ne s’est  jamais sentie à l’aise que  sous le  règne inachevé de l’ancien président magouilleur Hery Rajaonarimapianina qui avait inauguré l’usage  des  commissaires politiques sous le nouveau titre de  « coach » doté  de pouvoirs élastiques dans l’arrière-pays.

Par le jeu du pouvoir et l’exercice  des  attributions imaginaires,  des personnalités  de  cette  classe de profiteurs traditionnels régentaient  tout le pays  en  faisant  croire au Timonier qu’il  emprisonnait dans  le tour d’ivoire  des flatteries béni-oui-oui d’une  basse-cour et de harem nombrilistes  sans compétence valable pour la  conduite  des  affaires  de l’Etat. Certaines de ces  séduisantes personnes ne  sont là  que pour   servir en  toute  discrétion les intérêts particuliers  de  tel ou  tel  groupe commercial qui  ne  vise que les octrois (illicites) des marchés juteux de l’ordre de plusieurs centaines de milliards  d’Ariary. Tout le reste n’est plus  qu’une  succession  de justifications documentaires avec usage de faux sur  des travaux  fictifs.  Il ne  faut  pas  s’étonner  si l’idée d’une  refondation  nationale  qui ne  dit pas  son  nom semble le  calcul obscur de l’ingérence diplomatique et l’opinion. Au fond d’eux-mêmes, les habitants sont  convaincus  qu’il est  vital  de procéder à un  changement  de méthode  de  gouvernement. Pour la population,  il faut reconnaître  qu’il y  a « une  révolution culturelle » qu’on doit faire. Mais comment faire  sans tomber  dans les pièges de cette  classe  de manipulateurs qui est toujours prête à  travestir les aspirations les plus légitimes du peuple ? Pour  s’en  convaincre, il  suffit  de  se  souvenir des détails du mouvement qui, au lieu  d’aboutir  aux intérêts  de la masse en 2009, a  été  récupéré par les  spécialistes  de l’alternance extraconstitutionnelle  pour  en  faire un POUVOIR DE  TRANSITION à la botte d’une bourgeoisie qui  tenait  en  otage le meneur du mouvement TGV…La méfiance  et la prudence  sont  donc  de rigueur.

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