La Gazette de la grande ile

Madagascar : État de droit ?

Publié le 26 septembre 2022

On se pose la question, est-ce que nos dirigeants sont en train de jouer aux sourds, muets et aveugles ? Car en voyant leurs agissements, on dirait qu’ils ne vivent pas dans le même Madagascar où nous vivons. Les divers hauts responsables de ce pays aiment à dire et rappeler que « Madagascar est un État de droit », que les lois doivent être respectées. Ils aiment hausser le ton et adopter même un air menaçant lorsqu’ils disent que les lois doivent être appliquées et qu’ils vont prendre des sanctions.

On a du mal à admettre que les lois sont respectées dans notre pays et les premières personnes à violer les lois sont celles qui bénéficient des privilèges, de passe-droit et qui abusent de leur pouvoir. Tout le monde sait que si des kilos d’or sortent du pays, c’est parce qu’il y a des gens qui ne subissent pas les fouilles en règle dans les aéroports. Tout le monde voit ces personnes qui sont les VIP, qui vont au salon ou celles qui font l’objet de traitement différent quand elles sont à l’aéroport.

La corruption un des grands maux qui gangrènent notre développement

Selon le classement de Transparency International, Madagascar est à la 147e place sur les 187 pays les plus corrompus. BIANCO, SAMIFIN, PAC, ARAI à quoi servent-ils vraiment si les « gros poissons » rodent toujours, tandis que les voleurs de coqs remplissent les prisons.

Le rapport annuel 2021 présenté le 23 septembre 2022 par le DG du Bureau Indépendant Anti-corruption (BIANCO) LazaAndrianirina, confirme que la corruption et les détournements de deniers publics sont présents dans tous les secteurs. On parlait de rapport stérile : http://www.lagazette-dgi.com/?p=83169 car c’est une réalité déjà connue depuis des années que c’est au niveau des collectivités territoriales décentralisées qu’on discerne le plus de corruption. Sur 3 500 doléances, seulement 12 % ont été traitées !

Nos dirigeants doivent prendre conscience que la corruption freine notre développement. Les investisseurs ne viendront pas tant que des mesures efficaces et radicales pour éradiquer la corruption ne sont pas prises. Il faut un engagement politique du sommet jusqu’à la base.

Les lois existent mais ne sont pas appliquées

Les lois existent à Madagascar, mais elles ne sont pas appliquées et les autorités censées les appliquer ne le font pas. Dans les rues de la Capitale où il est écrit qu’il est interdit de vendre sur les trottoirs, des marchands s’installent exactement sur les trottoirs et la police municipale ainsi que la police nationale font tourner les affaires de ces marchands de rue en s’y approvisionnant.

Dans toute l’île, c’est l’anarchie, les lois ne sont pas respectées et il est quasi impossible de songer à l’intérêt général, au vivre ensemble. Les constructions illicites foisonnent, mais les communes ne font pas leur travail, au final si les travaux s’arrêtent, c’est parce que le voisinage dénonce à la commune et paie pour l’achat des matériaux nécessaires pour le scellage des constructions illicites.

Dans les quartiers, il y a des présidents de Fokontany, mais qui finalement ne font que délivrer les papiers administratifs puisqu’ils ne font toujours pas respecter les lois non plus quand ce ne sont pas eux-mêmes qui violent les lois. A Ankatso 1 vers la descente au croisement d’Ambohipo, une personne a construit sa boutique et le poteau de la Jirama se trouve à l’intérieur de la boutique si bien que c’est sur ce poteau que le marchand place les produits à vendre. On ne peut pas faire mieux comme preuve que nous ne sommes pas dans un État de droit.

Si la construction a pu se faire sans permis, c’est parce qu’il n’y a pas eu prise de responsabilité du Président du Fokontany, de la Mairie, de la Jirama, de l’Aménagement du territoire et silence du voisinage qui évite les histoires vu que les autorités elles-mêmes se taisent. Le quartier d’Ankatso 1, 2 et Ambohipo font partie de ces quartiers où le respect des lois est un concept inconnu et où pourtant bon nombre des éléments de force de l’ordre y habitent. Au vu et au su de tous des gens procèdent à la vente illicite de médicaments, ils ne s’en cachent pas et les interpellations de l’ordre des pharmaciens ne servent à rien.

Au final, Madagascar est loin d’être un État de droit et le rappel que font les responsables quand ils ne sont pas suivis de mesures ne servent à rien. Mais dans la mesure où les hauts responsables de ce pays font partie des premiers à ne pas respecter les lois, les rappels qu’ils font sont juste des coups d’épée dans l’eau et des paroles en l’air.

La Rédaction

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