La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY

Publié le 28 septembre 2022

Les albinos : une  espèce humaine rare en danger

Il faut humblement reconnaître que la société  a  été toujours  injuste envers ces  compatriotes qui pourtant mérite plus que jamais notre solidarité, mais surtout pas  seulement  de la compassion. Ils sont des êtres humains comme n’importe  qui  d’entre  nous.  Ce n’est pas à cause de leur morphologie acquise  de naissance et la couleur de la peau qu’ils doivent faire l’objet  d’une ségrégation déguisée  ou d’une exclusion sociale injuste et immorale. Dans ce pays, les albinos ont  toujours  cohabité  sans problèmes  au  sein de la  communauté. Une  telle acceptation de fait n’avait  rien à voir avec de la  piété.  Même dans les castes  considérés comme  ayant  des mœurs  très primitives pour refuser de prendre en considération la naissance des jumeaux, avec cette sagesse d’esprit qu’ils avaient  nos  ancêtres n’avaient jamais fait de la présence parmi eux des albinos un motif pour les mettre au ban de la société.

Le point de  vue d’un sociologue exprimé lors  d’une émission  télévisée à  grande  écoute mérite de  retenir l’attention  de  tous. A noter que l’apparition  de l’intérêt que le public porte  sur les  drames  que  vivent  au quotidien  ces  compatriotes  est liée à des circonstances précises ayant une relation  certaine  avec des  contextes que personne n’osent encore exprimer qu’à demi-mot sous le  couvert de l’obligation  de réserve  attachée malheureusement à des exigences professionnelles.  Dans des  cas avérés d’actes punissables,  de  violence et même de décès relevant du Code Pénal, jamais encore  jusqu’ici personne  n’avait osé avouer  clairement les suites et les  résultats des investigations sur les  dossiers  relatifs à des crimes commis  dans  ce  sens. Ceux   qui ont pour obligation  d’éclairer la lanterne  de l ’opinion publique  ont  toujours  trouvé les moyens  de  se  retrancher  derrière un  silence coupable  aux  yeux  de la population. Pourquoi ?

A propos des affaires sur les  trafics  d’ossements, les kidnappings  d’enfants ou d’adultes, et récemment sur les enlèvements ou  de commerces illicites d’albinos , les  ragots, rumeurs ou forgeries sûrement avec des arrière-pensées douteuses dans des  buts mal intentionnés n’ont jamais pu  remonter  jusqu’au  niveau permettant  de savoir les objectifs et les  réels  commanditaires de ces  activités odieuses. Même  sur  des dossiers pour lesquels les  tribunaux et des  juges  ont  fait  preuve d’honnêteté intellectuelle  et  d’intégrité, les procédures ont  toujours  butées  sur  une instrumentalisation des juridictions  par les ingérences manifestes  de personnalités  proches du premier cercle  du pouvoir.  L’exemple  flagrant du procès  de l’enlèvement d’enfant à Toamasina avec l’intervention très influente d’un avocat conseillère aux côtés de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina. Tant que de telles relations coupables  existent, force  est  de  reconnaître que les albinos seront  toujours en  danger.

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