La Gazette de la grande ile

Effet de la guerre en Ukraine : La restriction à l’honneur en Europe

Publié le 28 septembre 2022

L’Europe, destinataire de la moitié de nos exportations entre dans une nouvelle ère. D’abord, l’hiver sera sombre. En réponse aux conflits géopolitiques générés par la guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont explosé. Partout en Europe, le prix du gaz naturel a plus que doublé (plus de 45 % des importations du gaz naturel de l’Union européenne proviennent de Russie dans le passé) et, par endroits, les augmentations du mazout ont été encore plus importantes. Le prix du pétrole brut a plus que triplé. Cela a alimenté une poussée inflationniste dans tous les pays riches européens, réduisant les revenus réels et par conséquent leur consommation. Nos rentrées de devises diminueraient-elles alors ? Les prochains mois, la Banque centrale de Madagascar nous donnera plus de précision.

En Europe, le chancelier de l’Allemagne de l’Ouest a résumé récemment la réponse officielle dans de nombreux pays pour faire face à la crise énergétique. « Nous devrons nous habiller un peu plus chaudement cet hiver, dit-il, et peut-être les deux ou trois prochains hivers. Mais nous n’allons pas mourir de faim” disait-il. Son gouvernement, comme d’autres, s’est concentré sur les efforts pour réduire la consommation de carburant, en imposant des limites de vitesse, en disant aux gens de ne pas conduire le dimanche et en demandant aux usines de baisser les fours. La Suède et les Pays-Bas ont introduit le rationnement de l’essence ; L’Italie a imposé un couvre-feu dans les bars et restaurants. Le chef de l’Etat de la France a demandé aux Français de réaliser 10 % d’économies énergétiques. Cette “sobriété énergétique peut nous permettre d’économiser 10 % de notre consommation”, a-t-il estimé.

Parallèlement, au niveau politique, une autre page d’histoire est train de commencer en Europe. Lors des dernières législatives françaises en juin dernier, l’extrême droite a déferlé sur l’Assemblée nationale avec quatre-vingt-neuf députés. Deux semaines après la victoire des Démocrates de Suède (SD), un parti issu de la mouvance néonazie est ainsi devenu la première formation de droite du pays nordique, l’Italie a tourné dimanche une page de l’histoire européenne. Des partis autrefois tabous et marginalisés, revendiquant des héritages nazis ou fascistes, sont entrés dans le courant dominant – et ont remporté des élections – à travers l’Europe. Le parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, emmené par sa présidente Madame Giorgia Meloni, remporte les législatives en Italie. L’arrivée de Madame Giorgia Meloni au pouvoir mettrait fin à une longue série de gouvernements se revendiquant de la démocratie libérale. Elle représenterait une option différente, celle des patriotes, qui s’opposent au système européen et refusent l’abandon de souveraineté. Ceci ne traduirait-il pas les attentes de plus en plus nombreuses, citoyennes de l’Europe occidentale de faire passer d’abord les intérêts nationaux du pays avant les intérêts européens ? Ne serait-il pas temps que les grands pays de ce monde s’orientent vers un modèle plus équitable et plus équilibré ?

Zaza R.

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