La Gazette de la grande ile

Pillage des dépouilles d’Air Madagascar : Rinah le vautour accélère

Publié le 30 septembre 2022

Le vautour Rinah accélère le rythme dans le pillage des dépouilles d’Air Madagascar.

À quoi jouent le juge commissaire et le syndic ?

Vorontsaradia devenue Vorona azon’Adala !

Une année déjà depuis le prononcé par le tribunal du redressement judiciaire d’Airmad.

Depuis, Rivo Razafindrakoto a été nommé juge commissaire. Hasina Ramanandriana et Hervé Randriamananandro ont été nommés syndic, et ont comme principal rôle de gardien des intérêts et de protecteur des droits des créanciers et des débiteurs.

Rinah et consorts ont créé de toutes pièces Madagascar Airlines avec comme actionnaires, Madagascar Ground Handling (MGH filiale à 100 % d’Airmad s’’occupant du handling) détenant 79,9 % des actions, Airmad 10 %, Tsaradia 10 % et 0,1 % pour l’ex DG de la Cnaps Mamy Rakotondrainibe (supposé en détention provisoire, mais a profité d’une autorisation de sortie pour les funérailles de son père pour partir en cavale à l’extérieur. Ce qu’il n’aurait pu faire sans l’assentiment des autorités au plus haut niveau puisqu’il était sorti par l’aéroport d’Ivato sur un vol régulier et n’a pas eu à passer par Mayotte comme son prédécesseur).

MGH est un actif d’Airmad, et à ce titre la gestion de cet actif tombe sous les responsabilités du Syndic. 99,9 % des actions de Madagascar Airlines appartiennent donc au « groupe » Airmad, et les actes de Madagascar Airlines engagent totalement la responsabilité du syndic. N’importe quel créancier d’Airmad et de Tsaradia peuvent engager des poursuites judiciaires pour dilution éventuelles d’actifs.

Rinah a contourné son éviction du conseil d’administration d’Airmad en obligeant le syndic à la nommer administrateur de MGH, et d’avoir ainsi la haute main sur Madagascar Airlines.

Madagascar Airlines « louerait » les fonds de commerce d’Airmad et de Tsaradia. Il conviendrait de rendre publics les termes des contrats de location. Il y a des conflits d’intérêts évidents entre les créanciers d’Airmad/Tsaradia et Madagascar Airlines, dont il convient de se prémunir.

Des agents de l’ex-Tsaradia sont inquiets, car toutes les recettes générées sont « rapatriées » chez Madagascar Airlines. La location des deux ATR est suspendue depuis plusieurs mois, et ils craignent qu’un de ces jours Air Austral finisse par se réveiller et cloue au sol leurs avions, les outils de travail de Tsaradia. Auquel cas, plus de vols intérieurs ! Isolant davantage les régions côtières de la capitale pendant la saison des pluies. Sans oublier les impacts sur le secteur tourisme et l’économie en général.

Des indiscrétions provenant d’agents de Madagascar Airlines indiquent que Rinah veut tirer personnellement parti de la bonne santé financière de MGH. Elle essayerait actuellement de fabriquer un PV d’une réunion fictive du conseil d’administration de MGH qui aurait eu lieu en février 2022, la nommant PCA de MGH. Elle percevrait à ce titre une indemnité mensuelle de 10 000 euros, les autres administrateurs et le secrétaire de séance percevant 1000 euros chacun. Des indemnités journalières de mission de 450 euros seraient également prévues. Aucune éthique et quelle voracité! De surcroît en euros ?

Le syndic ferait bien d’y mettre urgemment le nez, car il est responsable juridiquement et financièrement de ces dérives. En sont-ils conscients ? Ils doivent mettre fin illico presto à la désignation de Rinah comme administrateur de MGH.

Ranjatoelina n’échappera pas non plus à ses responsabilités en tant que Ministre de tutelle s’il continue à faire du werawera au lieu d’agir. Il disait à l’époque faire mettre les scellés sur les bureaux de Madagascar Airlines, déclaration restée jusqu’ici lettre morte ! Il devrait faire faire très rapidement un audit de Madagascar Airlines avant que le dérapage ne tourne à la catastrophe, et qu’elle ne soit elle aussi déclarée en cessation de paiement.

Enfin, Mamimbahoaka doit clairement affirmer sa position vis-à-vis de Rinah et se débarrasser définitivement de sa collaboration très préjudiciable pour lui-même. Mais en aura-t-il la volonté et le courage ? « Être ou ne pas être, telle est la question », Mamimbahoaka semblant incapable de décider.

La Gazette

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