La Gazette de la grande ile

Ménage malgache : précarité fatale

Publié le 04 octobre 2022

Plus de 75% des logements à Madagascar sont dans un état précaire et plus de 50% des ménages malgaches en grande ville sont locataires, a annoncé hier le Secrétaire d’Etat en charge des nouvelles villes et de l’habitat à l’occasion de la journée mondiale de l’Habitat. Des chiffres encore loin de la réalité.

Rien qu’à Antananarivo, plus de 80% des habitations sont dans une situation informelle selon un employé de l’APIPA (Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Antananarivo). C’est le premier obstacle de l’assainissement de la ville. La population réalise des constructions sur des zones où les eaux sont censées circuler. Cela engendre des inondations dans la ville d’Antananarivo, et les conséquences sont encore plus graves pour les locataires même de ces habitations. En effet, elles sont construites sur des fondations fragiles et sont en proie à la dégradation. En 2021, plus d’une trentaine de personnes sont décédées à cause de l’effondrement de leur habitation à Antananarivo d’après le BMH (Bureau Municipal d’Hygiène).

La précarité des ménages malgaches est fatale. Ces habitations représentent une menace pour les locataires, mais également pour les voisins. Les constructions illicites ne se font pas uniquement dans les bas-quartiers.  Rappelons le cas de l’immeuble à 3 étages qui s’est écroulé sur la villa de son voisin à Ivandry, le 4 mars dernier. Les propriétaires de cet immeuble ont offert des dessous-de-table à plusieurs responsables au sein de la Commune Urbaine d’Antananarivo pour une autorisation d’extension. La fondation n’a pas résisté au poids de l’immeuble et il s’est écroulé sur celui d’à côté. Heureusement, aucune victime n’a été déplorée, mais les dommages du voisinage se sont élevés à plusieurs centaines de millions d’ariary. Jusqu’à présent, Ange osa Andriambolanoro et son fils, les propriétaires de cet immeuble défectueux, jouissent de la protection de l’actuel Maire d’Antananarivo et refusent d’assumer leur responsabilité.

A l’approche de la saison des pluies, la normalisation de ces habitations informelles est de rigueur. La démolition est recommandée, s’il faut en arriver là pour protéger la vie de la population.

T. Berado

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