La Gazette de la grande ile

Adaptation au Changement climatique : Madagascar à la traîne

Publié le 06 octobre 2022

Madagascar vit tous les jours les effets du changement climatique. Notre saison pluviale, saison de la culture de notre aliment de base (le riz) est prévue d’être plus sèche (une saison qui devrait normalement commencer ce mois-ci). Notre adaptation traîne à cause de la faiblesse des ressources allouées. Le cadre mondial pour la compensation des dommages causés par le changement climatique est-il en place ? Le changement climatique cause des dommages coûteux, notamment des catastrophes naturelles liées au climat, telles que les cyclones tropicaux, et des changements plus progressifs, telles que la sécheresse et la désertification. Le changement climatique est causé par les gaz à effet de serre déjà présents dans l’atmosphère ; les pays industrialisés riches sont les premiers responsables de la plupart des émissions à l’origine de ces phénomènes. Les pays pauvres en ressentent souvent les premiers effets. Fournir de l’aide après un passage cyclonique ou de la nourriture est devenu une aide étrangère assez standard. Mais lorsqu’on parle de question de responsabilité et d’indemnisation des pays victimes de l’émission de gaz à effet de serre des pays riches, cela devient beaucoup plus controversé.

Les pays pauvres veulent une compensation pour les impacts du changement climatique. La compensation est le « troisième pilier » de la politique climatique mondiale, après l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. La COP 27 en novembre, devrait forcer le débat sur la compensation. La question de paiement de ces compensations, connues sous le nom de “pertes et dommages”, devrait être au premier plan lors de la COP27. L’Egypte qui accueillera la conférence, a déclaré qu’elle donnerait la priorité à l’indemnisation des pays en développement. Lors de la 77e Assemblée générale des Nations-Unies en septembre, Madagascar avait eu le soutien du Secrétaire Général Monsieur António Guterres pour l’obtention d’un financement “Fonds vert climat” pour la mise en œuvre de notre Plan National d’adaptation au changement climatique. Mais quand est-ce qu’il sera concrétisé ?

Qu’est-ce que “les pertes et les dommages” et pourquoi est-ce si controversé ? Des modèles informatiques permettent aux scientifiques de quantifier le rôle que jouent les émissions de gaz à effet de serre dans une catastrophe donnée, et donc les sommes dont les gros émetteurs pourraient être responsables. Sans surprise, les pays développés ont repoussé ce raisonnement depuis qu’il avait émergé au début des années 1990, lors de l’élaboration du texte de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Un groupe de pays insulaires avait proposé la création d’un fonds international d’assurance pour indemniser les pays de faible altitude des dommages causés par l’élévation du niveau de la mer. La suggestion n’avait pas été incluse dans le texte final.

En 2015, lors des pourparlers qui avaient abouti à l’adoption de l’accord de Paris, les pays en développement avaient de nouveau demandé une clause solide sur le financement des pertes et dommages. Mais ils s’étaient retrouvés avec seulement une référence floue à la question. L’article 8 de l’accord de Paris reconnaît “l’importance d’éviter, de minimiser et de traiter les pertes et dommages”.

Lors de la COP 26 à Glasgow en novembre 2021, le Premier ministre écossais, Monsieur, Nicola Sturgeon, avait promis 2 millions de livres sterling (2,7 millions de dollars) à titre de paiement unique pour pertes et dommages, espérant apparemment que d’autres pays riches pourraient plus généreusement emboîter le pas. Ils n’avaient pas suivi. Mais la pression pour qu’ils le fassent augmente. Le mois dernier, les ministres d’une alliance de négociation de 46 pays connus sous le nom de pays les moins avancés, ont qualifié la création d’un mécanisme financier pour les pertes et dommages de “priorité fondamentale” pour la COP 27. Lors de la 77e Assemblée générale des Nations-Unies de septembre, le Secrétaire Général Monsieur António Guterres avait suggéré que les taxes sur les bénéfices exceptionnels des entreprises de combustibles fossiles pourraient en financer ces pertes et dommages. Cela semble extrêmement improbable, car il n’y a tout simplement pas eu d’enthousiasme pour la question parmi les pays censés payer.

Zaza R.

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