La Gazette de la grande ile

Consommation : Se contenter de soupe de riz

Publié le 17 novembre 2022

La vie des Malgaches semble s’assombrir de jour en jour sans aucun espoir de changement. Eh oui, la pauvreté gagne de plus en plus de terrain dans le quotidien de la population malgache. Les prix à la consommation continuent d’évoluer à la hausse alors que le pouvoir d’achat des Malgaches s’amaigrit un peu plus avec le temps. Par rapport à cela, chaque foyer n’a d’autre choix que de réduire sa consommation quotidienne et se contenter de soupe de riz (vary sosoa be ranony, vary amin’anana). En effet, quand les moyens du bord sont maigres, il faut opter pour la restriction, car c’est là une technique de survie que les Malgaches connaissent sur le bout des doigts. Les citoyens malgaches ont pour habitude de consommer de la soupe de riz accompagné de « kitoza » comme met chaque matin. La préparation est assez simple : il suffit d’une petite quantité de riz et de beaucoup d’eau pour que la préparation augmente en quantité.

Le Petit Timonier avait fait croire au peuple malgache lors des campagnes électorales des élections présidentielles de 2018 qu’il pouvait apporter le changement en faisant émerger Madagascar et ainsi améliorer leur condition de vie. Les Malgaches ont été bernés par le Leader bien-aimé, ils ont bien fait face à une émergence lorsqu’il s’est retrouvé au pouvoir, mais certainement pas à ce qu’ils espéraient. Au lieu d’une émergence qui concorde avec un développement économique, c’est plutôt le contraire qu’ils ont constaté vu que c’est la pauvreté qui continue d’émerger sans que l’Etat ne puisse rien faire pour la stopper. Autrement dit, le défi de réduire la pauvreté s’avère trop ambitieux pour les dirigeants en place.

La pauvreté prend du terrain dans la Grande Ile, la rendant extrêmement vulnérable aux effets des crises qui surviennent. A l’exemple des dirigeants qui pointent du doigt le changement climatique par rapport à l’insécurité alimentaire, la malnutrition et autres qui prévalent dans le pays, alors que ce sont là les reflets de leur incompétence. Eh oui, quand la faim prend place dans un pays, c’est que ce sont ses dirigeants qui ont été incapables de lutter efficacement contre ledit phénomène. Pour les dirigeants en place, le plus important est d’ériger des infrastructures soi-disant « Manara-penitra » ou aux normes pour faire croire que Madagascar va dans le sens de l’émergence. Autrement dit, ils se foutent complètement que les Malgaches crèvent de faim.

Il n’y a pas que dans le Sud que la faim règne. C’est là un problème d’envergure nationale, sauf que dans le Sud, l’ampleur a atteint un niveau critique. Dans la capitale, la nourriture est bien présente sur les marchés, mais ce sont les moyens pour s’en procurer suffisamment qui se trouvent limités. Contrairement, aux habitants du Sud qui sont obligés de consommer des feuilles de cactus, des restes de cuir destinés à la fabrication de sandales pour survivre… les gens de la capitale consomment encore du riz, mais à quantité limitée.

Jean Riana

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