La Gazette de la grande ile

Agitation sur l’entrepreneuriat : Coup d’épée dans l’eau

Publié le 18 novembre 2022

On est actuellement en présence d’une agitation passagère pour ce qui est de la promotion de l’entrepreneuriat à Madagascar. Des évènements sont organisés ici et là en vue de la promotion de l’entrepreneuriat à Madagascar. Cela entre dans le cadre de la célébration de la Semaine de l’entrepreneuriat 2022, du 14 au 20 novembre. A l’exemple du Projet Pôles Intégrés de Croissance et Corridors (PIC) et du bureau du Groupe de la Banque mondiale à Madagascar qui ont tenu une conférence et une table ronde sur l’entrepreneuriat, jeudi dernier au Novotel, l’objectif étant d’améliorer l’écosystème de l’entrepreneuriat dans la Grande Ile. Tout cela ne s’avère que des coups d’épée dans l’eau, à savoir des efforts inutiles. Tant que l’Etat n’impose pas un cadre juridique garantissant le bon fonctionnement des entreprises, les investissements ne vont pas pulluler.

Décidément, ce sont les étrangers qui se préoccupent le plus de ce qui pourrait amener le pays vers le développement. Les dirigeants quant à eux n’ont qu’une idée en tête : s’enrichir au détriment du peuple. Il n’y a qu’à les voir se déplacer pour mendier à l’international sans que cela ne change rien à la situation de pauvreté de Madagascar. L’Etat devrait s’ériger comme acteur principal dans la promotion de l’entrepreneuriat. Hélas, ce n’est point le cas dans le pays. Il faut dire que l’Etat malgache ne montre aucune initiative pour accompagner les jeunes dans l’entrepreneuriat. Si l’on compte sur l’Etat dans la création d’emploi, le taux de chômage ne cesserait d’augmenter. Il faut dire que les étrangers se préoccupent plus de la promotion de l’entrepreneuriat que les dirigeants en place.

Le manque de volonté des dirigeants à vouloir changer les choses est perceptible à tous les niveaux. Il n’y a qu’à voir la situation dans le Sud pour en avoir la preuve. L’insécurité alimentaire qui prévaut dans cette région du pays n’est pas du tout un fait nouveau, mais aucun des dirigeants qui se sont succédé au pouvoir, n’a su trouver une solution au dit phénomène. Les années passent, mais la situation dans le grand Sud reste la même où la population est constamment en proie à l’insécurité alimentaire. Si l’Etat ne trouve pas de solution à ce problème qui prévaut dans le Sud avec des appuis à la clé, il ne faut pas compter sur lui pour créer quoi que ce soit et surtout pas d’emploi. Par ailleurs, les jeunes entrepreneurs n’espèrent plus rien pour ce qui est de la concrétisation des dires du Petit Timonier et son équipe par rapport au fait que les femmes et les jeunes porteurs de projets, créateurs d’emploi, bénéficieront de subventions, de divers types de soutien et d’accompagnement pour être opérationnels et contribuer au développement local. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nombreux sont ceux qui se réfugient dans l’informel pour survivre.

 A vrai dire, Madagascar a plus que jamais besoin de création d’emploi, vu que la demande est nettement supérieure à l’offre pour ce qui est du monde du travail dans le pays. Eh oui, l’entrepreneuriat se trouve être la solution idoine pour résoudre le problème de la rareté de travail dans la Grande Ile. Le seul souci est que le problème de financement fait reculer plus d’un. La pauvreté qui règne dans la Grande Ile fait que c’est la peur de l’échec qui domine, de sorte que la majorité des jeunes poursuivent leurs études dans le but de se trouver un emploi plus tard et non d’en créer. Il y a aussi le fait que l’Etat ne montre aucun soutien aux entrepreneurs, ne serait -ce que pour animer leur enthousiasme entrepreneurial.

Jean Riana

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