La Gazette de la grande ile

Ikongo, méprisé par ce régime

Publié le 21 novembre 2022

Cela fait plusieurs mois que des personnes sont tombées sous les balles des forces de l’ordre à Ikongo. Cela fait plusieurs mois que le député élu à Ikongo a interpellé le pouvoir exécutif. Cela fait plusieurs mois que le Premier ministre et la ministre de la population sont allés là-bas, mais c’était plus pour un effet de communication que pour régler le problème. Cela fait plusieurs mois que ” les enquêtes se poursuivent”. Cela fait plusieurs mois que des personnes sont gardées au bureau de la police. Cela fait plusieurs mois que le tribunal est fermé. Ikongo est méprisé par les dirigeants. Ils font comme si Ikongo n’existe pas, profitant de la situation d’enclavement donnant le sentiment à la population qu’elle est loin du développement, qu’elle est très loin des soucis des dirigeants et que même si la population meurt, le pouvoir central n’en a cure, Ikongo est tellement loin et isolé. Ikongo n’est pas le seul endroit de Madagascar dans cet état, Ikongo n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Quand on voit alors ce cas, on se demande comment l’Exécutif n’est pas en mesure de comprendre que ce que les gens d’Ikongo, et de tous ces endroits enclavés, cherchent, ce sont d’abord les routes qui vont apporter le développement. Quel fonctionnaire aura envie d’être affecté à Ikongo ? Quel médecin, aussi compétent qu’il soit, pourra soigner correctement les habitants d’Ikongo quand les médicaments arrivent au compte-goutte, quand il y en a. Aussi compétent qu’il soit, que peut faire un médecin à Ikongo quand il doit procéder à une opération aussi bénigne qu’elle soit mais que le minimum n’existe pas au centre de soin. Lorsqu’on prend chaque corps de fonctionnaires, le même exemple du médecin est applicable. Quel juge aura envie d’aller à Ikongo quand il voit l’état d’enclavement dans lequel se trouve l’endroit ? Quel enseignant aura envie d’aller à Ikongo quand il voit l’état des infrastructures scolaires, ce qui l’empêchera d’y emmener ses enfants ? Qui aura envie d’y travailler quand il voit l’indifférence avec laquelle le drame d’Ikongo est traité ? Quand est-ce que l’Exécutif ouvrira les yeux et admettra que le nombril de chacun d’eux n’est pas le centre du monde et qu’entre temps plusieurs de nos compatriotes sont oubliés, car se trouvent dans des zones enclavées ? Nous sommes Ikongo, nous demeurons Ikongo car chaque vie compte. Et si l’affaire de Naina Andriatsitohaina a pu attirer quelques heures l’attention des dirigeants avec des déclarations de condamnations, le mépris avec lequel le cas Ikongo est traité démontre que quoiqu’on dise, la discrimination fait partie du mode de gouvernement de ce régime.

La Gazette

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