La Gazette de la grande ile

Gare Fisandratana : de l’argent jeté par les fenêtres

Publié le 23 novembre 2022

Bien que les précipitations fassent encore défaut dans la capitale, Madagascar a entamé la saison des pluies depuis quelques semaines. La saison des pluies est annoncée. La gare routière de Fasan’ny Karana sera comme à l’accoutumée un bordel sans nom. Pendant ce temps, la gare Fisandratana dont les travaux ont été achevés le mois de juillet 2018 pourrit. Sa construction n’est que dépenses inutiles si 52 mois plus tard, son ouverture n’est toujours pas approuvée par les autorités.

Des sols boueux, telle est l’identification principale de la gare routière de Fasan’ny Karana. Le sol n’étant pas aménagé, les boues y sont observées tout au long de l’année. En effet, la gare ne possède que très peu de toilettes. Des toilettes qui sont en très mauvais état et sales, qui plus est. Les voyageurs, guichetiers, rabatteurs et marchands ambulants préfèrent de ce fait se trouver un petit coin afin de se soulager. Les lieux puent la pisse.

Des ordures partout. C’est ce qui décore aussi la gare Fasan’ny Karana. N’ayant pas les infrastructures adaptées pour garder les lieux propres, il est tout à fait évident que la gare soit tout le temps sale. Aussi, l’assainissement des lieux ne se fait pas régulièrement comme il se doit. Le personnel qui devrait s’y consacrer s’en moque.

Bref, la gare routière Fasan’ny Karana ne respecte pas les normes. Il n’y a qu’à remonter quelques mois plus tôt. A l’issue du premier confinement en 2020, des aménagements ont dû être effectués pour que les services de transport puissent reprendre. Ces aménagements étaient bidon, parce qu’on n’avait même pas respecté la distanciation sociale. Il n’y avait pas eu de respect des normes sanitaires. Sans parler du fait que l’infrastructure ne possède même pas un système d’évacuation d’eau.

Le changement n’a jamais été bien accueilli dans ce genre de situation. Prenons l’exemple de la construction de la gare routière Maki à Andohatapenaka. Les coopératives qui occupent actuellement les lieux étaient installées à Ambodivona. Cette dernière se trouvait au bord de la route. Son installation obstrue la circulation. L’ancienne gare d’Ambodivona, avant sa disparition, a sali les lieux environnants. Il n’y avait même pas d’infrastructures sanitaires.

Au début de l’annonce, les coopératives installées à Ambodivona refusaient le transfert à Andohatapenaka. Ils ont tenu tête aux autorités des semaines durant avant de se plier. Actuellement, les voyageurs ont un semblant de confort. Ils ne craignent pas non plus l’insécurité si c’était le cas à Ambodivona. En effet, la gare est gérée par un privé qui tient à assainir les lieux. La gare est aussi clôturée et est bien sécurisée. La question est : qu’est-ce qui empêche les autorités d’ouvrir la gare Fisandratana à Ambohimanambola ? Une gare dont les travaux ont été achevés au mois de juillet 2018. Le transfert des coopératives et transporteurs de Fasan’ny Karana vers Ambohimanambola est tant attendue parce que l’environnement à Fasan’ny Karana n’est plus viable tant pour les coopératives que pour les voyageurs. Ou alors le régime ne digère juste pas le fait que la gare ne porte pas le nom de « Manara-penitra » ? En effet, l’inscription « Gare Fisandratana » a même été retirée.

Aina P.

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