La Gazette de la grande ile

Evaluation politique de la Banque mondiale: Pas d’évolution en vue pour Madagascar

Publié le 26 novembre 2022

3,3/6, c’est la note de Madagascar dans le rapport de l’évaluation des politiques et des institutions (CPIA) en Afrique. La CPIA est un outil de diagnostic annuel destiné aux pays d’Afrique subsaharienne qui peuvent bénéficier des financements de l’association internationale de développement (IDA), l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. La CPIA jauge la qualité des structures politiques et institutionnelles nationales, et leur capacité à soutenir une croissance durable et à réduire la pauvreté. Les pays sont notés sur une échelle d’un (1) (note la plus faible) à six (6) (note la plus élevée) pour seize 16 indicateurs regroupés dans quatre catégories : gestion économique ; politiques structurelles ; politiques de lutte contre l’exclusion sociale et de promotion de l’équité ; gestion du secteur public et institutions.

Depuis 2017, la note de Madagascar n’a pas changé, pourtant cette note conditionne le montant du financement reçu par Madagascar de la Banque mondiale tous les trois ans. Ce financement tourne autour de neuf cent millions de dollars (900 millions de dollars) soit trois mille huit cent milliards d’ariary (3800 milliards d’ariary). Le Rwanda est le pays ayant la note la plus haute depuis sept ans avec une note de 4,1/6.

Le principal problème de Madagascar pour l’évolution de sa note dans le rapport de la CPIA est la mauvaise gouvernance pour le pays. Plus précisément, plusieurs points noirs de la politique de gouvernance des dirigeants malagasy sont à éclaircir pour l’amélioration de la note CPIA de l’an prochain et pour la marche vers le développement de Madagascar. Premièrement, la question de la croissance économique qui est limitée à cause de la prévalence de l’informalité et de l’agriculture d’autosubsistance, ainsi que par la faiblesse de la gouvernance et des institutions et les impacts négatifs du changement climatique. Deuxièmement, le capital humain reste très faible. Madagascar est, selon les chiffres de la Banque mondiale, le pays ayant le quatrième taux de malnutrition chronique le plus élevé au monde ; 97% des enfants malgaches âgés de 10 ans sont incapables de lire et de comprendre un texte court et adapté à leur âge. Troisièmement, la situation alimentaire et nutritionnelle de Madagascar est considérablement précaire car selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, à la mi-septembre 2022, 8,8 millions de personnes à Madagascar (environ 33 % de la population) sont en situation d’insécurité alimentaire. Selon les résultats préliminaires de l’enquête Integrated food security Phase Classification (IPC) nutrition, près d’un demi-million (479 000) de personnes pourraient être touchées par la malnutrition aiguë globale (sévère et modérée) à Madagascar entre septembre 2022 et mars 2023. Dernièrement, le manque de réformes audacieuses de la part des gouvernants malagasy ne va permettre au pays de sortir du gouffre de la pauvreté que dans plus de dix ans, surtout après la grande récession causée par la pandémie de la Covid-19.

Pour l’année 2022, Madagascar a connu une régression de la projection de la croissance économique à 2,6% au lieu de 5,4% prévu. La représentante de la Banque mondiale Marie-Chantal Uwanyiligira a quand même indiqué qu’un nouveau partenariat entre la Grande île et la Banque mondiale est en cours de finalisation. Le document sera finalisé « probablement avant la fin de cette année ou vers le début de l’année prochaine », a avancé Marie-Chantal Uwanyiligira.

Il sera difficile pour Madagascar de s’en sortir de cette situation de pauvreté extrême, il faudra beaucoup d’efforts à nos dirigeants pour pouvoir espérer le développement tant voulu.

Ravo

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